Un coup d'arrêt des versements malgré des encours importants
Les Plans d'Épargne Retraite (PER) distribués par les assureurs affichent à la fin du deuxième trimestre 2026 un total d'encours de 124,8 milliards d'euros, répartis entre 8,5 millions de contrats. Pourtant, la dynamique des versements est devenue timide : depuis le début de l'année, les flux entrants (versements et transferts) ne progressent que de +2 % comparé à la même période de 2025, selon les données publiées par France Assureurs et rapportées par FranceTransactions.com.
Les chiffres du semestre
| Indicateur | Montant (T2 2026) |
|---|---|
| Total des versements effectués | 3,20 milliards € |
| Total des rachats / déblocages / dénouements | 1,30 milliard € |
| Collecte nette au T2 2026 | 1,90 milliard € |
| Encours moyen par PER assurantiel | 14 682,35 € |
Pourquoi la progression se tasse
Plusieurs éléments expliquent ce ralentissement. D'abord, la grande majorité des transferts d'anciens produits d'épargne retraite vers les PER est désormais réalisée : la « vague » technique qui avait alimenté la croissance des contrats touche à sa fin. Ensuite, la fiscalité applicable au moment de la sortie — notamment le traitement du capital — peut rendre le produit moins attractif pour certains épargnants, limitant les nouvelles souscriptions et les apports complémentaires.
« Au deuxième trimestre 2026, les cotisations sur les PER assurantiels sont en hausse de +8 % », martèle le lobby des assureurs.
Cependant, les professionnels du secteur nuancent l'analyse : pour France Assureurs, la tendance reste positive à court terme, avec une progression trimestrielle portée par les cotisations. Le lobby a en outre justifié sa décision de réduire la fréquence de publication de certains chiffres (passage à une diffusion trimestrielle) par la volonté d'afficher des séries plus signifiantes.
Ce que cela change pour l'épargnant
Sur le plan pratique, le tassement des versements sur les PER assurantiels appelle à quelques constats pour l'épargnant :
- Le PER conserve une place importante dans l'architecture de l'épargne retraite : encours moyen proche de 15 000 € par contrat.
- La période de transferts massifs est vraisemblablement close : les potentiels de collecte future dépendront plus des nouvelles souscriptions que des migrations.
- La fiscalité à la sortie reste un élément déterminant pour l'arbitrage entre PER et autres enveloppes comme l'assurance-vie.
Perspectives
Si l'assurance-vie continue d'enregistrer des performances robustes et d'attirer l'épargne des ménages, les PER assurantiels semblent atteindre une phase de maturité où la croissance se normalise. Le secteur misera sur la diversification de l'offre et la pédagogie fiscale pour relancer l'intérêt. Pour l'instant, les chiffres du premier semestre 2026 traduisent surtout une transformation de la nature des flux : moins de transferts massifs, plus de jeux d'arbitrage entre produits selon la situation fiscale et patrimoniale des épargnants.
En synthèse : des encours élevés mais une collecte qui marque le pas. Les PER assurantiels demeurent structurants pour la retraite individuelle, mais leur trajectoire dépendra désormais davantage des nouvelles souscriptions et des choix fiscaux au moment de la sortie.