Économie

Vietnam: cap sur la croissance, le gouvernement mobilise 34 provinces pour accélérer

Hanoï met en ordre de bataille 34 localités pour soutenir une croissance déjà parmi les plus élevées au monde au premier semestre, tout en pointant un frein majeur: la lenteur du décaissement des investissements publics.

Vietnam: cap sur la croissance, le gouvernement mobilise 34 provinces pour accélérer
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Un moteur asiatique qui veut aller plus vite

Le gouvernement vietnamien entend transformer un bon premier semestre en véritable accélération. À l’issue de la réunion gouvernementale de juin et d’une conférence en ligne avec les autorités locales le 4 juillet, le vice-Premier ministre Nguyen Van Thang a annoncé que le Premier ministre et les vice-Premiers ministres travailleront avec 34 provinces et villes pour soutenir la croissance. Selon lui, l’économie a affiché, sur les six premiers mois de l’année, des performances qui placent le Vietnam parmi les pays à la plus forte progression du PIB au niveau mondial.

Des indicateurs en avance, mais des objectifs encore trop lointains

Plusieurs jalons ont été dépassés: les recettes budgétaires de l’État ont débordé les prévisions, le secteur agricole accélère, et les investissements directs étrangers (IDE) atteignent par endroits des niveaux qualifiés de records. Autre signal: de nombreuses localités affichent une croissance à deux chiffres de leur PIB régional. Pour autant, prévient le gouvernement, le résultat global demeure en deçà des cibles fixées pour l’année, en particulier dans certaines provinces où l’activité reste en retrait et où les projets publics avancent trop lentement.

Le goulot d’étranglement de l’investissement public

Le point de friction le plus visible est le rythme de décaissement des investissements publics. Au premier semestre, il n’a atteint qu’environ 35 % de l’enveloppe. Le vice-Premier ministre a chiffré l’impact potentiel d’une meilleure exécution budgétaire:

« Si le taux de décaissement des investissements publics au cours du premier semestre atteignait environ 50 % au lieu des 35 % actuels, ce secteur à lui seul pourrait contribuer à hauteur de 0,4 point de pourcentage à la croissance économique. Si tous les secteurs et domaines redoublent d'efforts, il est tout à fait possible de se rapprocher de l'objectif de croissance. »

Derrière ces pourcentages se jouent des infrastructures routières, énergétiques et sociales à livrer plus vite, et des chaînes de sous-traitance à approvisionner. Pour les entreprises exportatrices et industrielles présentes dans le pays, une montée en cadence des chantiers publics se traduirait par des délais logistiques plus courts et des coûts d’exploitation mieux maîtrisés.

34 localités sous suivi renforcé

La décision de suivre de près 34 localités répond à un constat: dans des conditions similaires, certaines juridictions obtiennent de bien meilleurs résultats. Le gouvernement y voit un problème d’exécution plus que de stratégie, et veut corriger rapidement les écarts. L’objectif est double: accélérer les procédures administratives et sécuriser les financements pour éviter que l’économie et les entreprises ne manquent de capitaux.

Contexte et implications pour les investisseurs

Le tableau dressé au milieu de l’année confirme la place du Vietnam parmi les économies dynamiques d’Asie. La vigueur des IDE et des recettes publiques soutient la visibilité budgétaire, mais l’exécution des dépenses d’investissement reste la clé pour transformer l’élan en croissance soutenable. Pour les investisseurs internationaux, l’alignement entre centre et provinces sur la mise en œuvre des projets sera déterminant pour la qualité de l’environnement d’affaires au second semestre.

  • Priorité à l’accélération du décaissement des projets publics pour réduire les goulets d’étranglement.
  • Accompagnement rapproché de 34 provinces et villes pour homogénéiser l’exécution des politiques.
  • Capitaliser sur des records ponctuels en IDE et agriculture pour ancrer la croissance.

Ce que cela change concrètement

À court terme, une meilleure absorption des budgets d’infrastructure peut doper l’activité des secteurs du BTP, des matériaux et des services logistiques. À moyen terme, l’enjeu est d’augmenter la capacité productive et d’améliorer la fiabilité des chaînes d’approvisionnement, conditions nécessaires pour maintenir le pays parmi les économies à forte croissance.

Repères chiffrés

IndicateurPremière moitié d'année
Décaissement investissements publics35 % (vs scénario 50 %)
Impact potentiel si 50 %+0,4 point de PIB
Localités sous accompagnement34
PIB régionalPlusieurs localités à 2 chiffres

La feuille de route annoncée vise ainsi à convertir des indicateurs bien orientés en résultats conformes aux ambitions de l’année. La réussite passera moins par de nouveaux objectifs que par une exécution plus rapide et homogène des politiques déjà décidées.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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