Un possible rétablissement des exportations américaines vers la Chine en jeu
Des pourparlers en amont du sommet prévu entre les présidents américain et chinois visent à obtenir de Pékin une réduction voire une annulation du droit de douane de 15 % frappant les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis. Ce tarif, instauré par la Chine en réponse à des mesures américaines, doit entrer en vigueur en février 2025 et menace d'interrompre presque totalement les livraisons américaines vers le premier marché mondial du GNL.
Selon des éléments rapportés par la presse américaine, les expéditions de GNL des États-Unis vers la Chine, estimées à 64 cargaisons en 2024, devraient tomber à quasi zéro en 2025 si le tarif est appliqué. Pour le secteur gazier américain, déjà engagé dans une phase d'extension des capacités, le maintien de l'accès au marché chinois est donc un enjeu crucial.
Capacités en expansion et volumes sans clients
Le développement de la chaîne d'exportation américaine progresse rapidement : la capacité est attendue en hausse d'environ 10 milliards de pieds cubes par jour d'ici 2027. Parallèlement, le marché doit absorber des projets à long terme non contractés, évalués à environ 24,5 millions de tonnes de capacités en cours de construction. Ces chiffres soulignent le risque d'une surabondance d'offre si la Chine restait fermée au GNL américain.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Expéditions USA→Chine en 2024 | 64 cargaisons |
| Prévision 2025 si tarif appliqué | Quasi zéro |
| Augmentation prévue de capacité US d'ici 2027 | ~10 milliards ft³/j |
| Capacité Lng en construction sans clients | 24,5 Mt |
Impacts sur les négociations commerciales et énergétiques
Le dossier GNL s'inscrit dans une négociation plus large, incluant l'agriculture et d'autres secteurs énergétiques. Les discussions portent sur des réductions de droits de douane concernant environ 30 milliards de dollars de marchandises. Pour Washington, une hausse des importations chinoises de produits énergétiques et agricoles américains constituerait un gain tangible dans le cadre de la trêve commerciale actuelle. De son côté, Pékin chercherait des concessions, notamment un assouplissement des restrictions technologiques et commerciales imposées par les États-Unis.
Conséquences pour la France et l'Europe
Pour la France, comme pour l'Union européenne, l'évolution de ce dossier influe sur la dynamique des prix internationaux du gaz et sur la disponibilité de cargos spot. Une réouverture du marché chinois au GNL américain pourrait modérer les tensions sur les prix en cas d'offre supplémentaire, mais elle accentuerait aussi la compétition sur les marchés de long terme. Les acteurs énergétiques européens devront suivre ces arbitrages diplomatiques, qui peuvent redessiner les chaînes d'approvisionnement et peser sur les stratégies d'approvisionnement hivernales.
Points à suivre
- Décision finale attendue autour du sommet prévu le 24 septembre entre les deux présidents.
- Évolution des volumes d'exportation américains vers la Chine pour 2025.
- Impact sur les capacités américaines en construction et sur le marché spot mondial du GNL.
La négociation sur le tarif appliqué au GNL illustre à la fois la porosité entre diplomatie et commerce énergétique et l'ampleur des enjeux pour les filières gazières mondiales : un compromis bilatéral pourrait modifier rapidement la donne pour les exportateurs, mais aussi pour les importateurs européens.