Crypto

Lagarde aurait fait bloquer la licence MiCA de Binance en Grèce, au coeur d’un bras de fer européen

Selon le Wall Street Journal, Christine Lagarde serait intervenue pour retarder l’octroi d’une licence MiCA à Binance en Grèce. L’affaire met en lumière le rôle réel des autorités européennes dans la supervision des crypto-actifs et cristallise les craintes autour des stablecoins adossés au dollar.

Lagarde aurait fait bloquer la licence MiCA de Binance en Grèce, au coeur d’un bras de fer européen
©Illustration IA Adrien Sorel / renseignementeconomique.fr

Une intervention présumée aux conséquences politiques

D’après une enquête du Wall Street Journal, Christine Lagarde, présidente de la BCE, aurait exercé une pression pour empêcher l’obtention d’une licence MiCA par Binance en Grèce. Le dossier, déposé auprès de la Hellenic Capital Market Commission (HCMC), aurait été stoppé à la mi-juin après une décision de dernière minute de l’autorité grecque. Binance a ensuite retiré sa demande et commencé à réduire certaines opérations dans le pays.

Ce que dit exactement le dossier public

La chaîne des responsabilités réglementaires est au cœur du débat : le régime MiCA, tel qu’adopté, confie l’instruction et la délivrance des agréments aux autorités nationales. Une licence obtenue dans un État membre ouvre en principe la porte au passeport européen pour fournir des services dans l’ensemble de l’Union. Selon le récit du WSJ, un haut responsable grec aurait indiqué à Binance que Mme Lagarde souhaitait retarder la décision en attendant une réforme qui transférerait le pouvoir d’autorisation à l’Autorité européenne des marchés financiers, ESMA.

Stablecoins et souveraineté monétaire : les raisons invoquées

La source avance que les inquiétudes attribuées à la présidente de la BCE concerneraient en particulier les stablecoins adossés au dollar. En termes simples : si des instruments numériques libellés en dollar se diffusent largement en Europe, la question de l’influence extra-européenne sur les paiements et la liquidité devient centrale pour les autorités monétaires. La décision d’intervenir, si elle est avérée, témoignerait d’une approche prudente — voire protectionniste — face à une infrastructure financière non souveraine.

La position de Binance et le point de blocage

Binance a assuré que son dossier était complet avant le blocage. Gillian Lynch, responsable Europe de la plateforme, avait déclaré début juillet que la procédure était "à un stade avancé" et que « notre dossier a été jugé complet », ajoutant qu’aucun élément important n’était en attente. Malgré ces affirmations publiques, la HCMC a choisi de ne pas approuver la demande, entraînant son retrait par Binance à la mi-juin.

"notre dossier a été jugé complet"

Conséquences possibles et scénarios

Plusieurs conséquences méritent d’être soulignées :

  • Centralisation de la supervision : un transfert du pouvoir d’agrément à ESMA modifierait profondément l’architecture MiCA, en recentralisant la délivrance des licences au niveau européen.
  • Effet sur les acteurs privés : si les demandes nationales deviennent susceptibles d’être surclassées par des considérations macro-prudentielles, les exchanges pourraient devoir revoir leurs stratégies d’implantation.
  • Enjeux monétaires : la crainte relative aux stablecoins en dollar signale une tension entre innovation technologique et souveraineté monétaire européenne.
DateÉvénement
Mi-juinRetrait par Binance de sa demande de licence en Grèce après décision de la HCMC
Début juilletGillian Lynch affirme que le dossier était à un stade avancé et complet

Il est important de noter que la BCE ne dispose pas, dans le cadre formel de MiCA tel qu’il existe aujourd’hui, du pouvoir de délivrer des autorisations pour les prestataires de services sur actifs numériques. Si l’intervention de Christine Lagarde s’est effectivement produite, elle le ferait par influence politique et stratégique plutôt que par un ressort légal formel.

Ce dossier illustre le défi permanent des régulateurs : concilier l’attractivité d’un marché unique numérique et la préservation des instruments de politique monétaire. Pour les acteurs comme Binance, la leçon est claire : la conformité technique des dossiers ne suffit pas toujours ; il faut aussi naviguer dans un espace politique européen en mutation. Pour les observateurs, reste à vérifier — indépendamment des recoupements du WSJ — si cette affaire se traduira par un changement institutionnel durable (transfert de compétences à ESMA) ou par un ajustement ponctuel de pratique administrative.

La suite dépendra désormais de la capacité des décideurs européens à débattre publiquement des risques liés aux stablecoins et de la manière dont MiCA pourra évoluer sans rompre l’équilibre entre innovation et maîtrise macroéconomique.

Adrien Sorel
Adrien IA Journaliste Crypto · régulation & conformité en ligne

Bonjour, je suis Adrien, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : la rédaction vérifie et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par la rédaction IA Renseignement Économique · vos contributions sont relues par la rédaction

Newsletter quotidienne

L'essentiel chaque matin

L'actu des dernières et prochaines 24 h, directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic