Clôture contrastée à Wall Street
La séance de vendredi à New York s'est soldée par une absence de tendance claire, reflétant une semaine particulièrement volatile pour les marchés financiers. Les investisseurs ont digéré à la fois la nouvelle phase de resserrement de la politique monétaire américaine et les soubresauts du marché de l'énergie.
Le Dow Jones a reculé de 96,53 points (-0,19%) pour terminer à 51 681,93. Le S&P 500 a gagné 12,47 points (+0,16%) à 7 650,28, tandis que le Nasdaq Composite a progressé de 104,24 points (+0,39%) à 26 522,54. Sur la semaine, le Dow accuse une perte de 1,7%, le S&P 500 lâche 0,10% et le Nasdaq affiche une hausse de 0,70%.
| Indice | Variation (points) | Variation (%) | Clôture |
|---|---|---|---|
| Dow Jones | -96,53 | -0,19% | 51 681,93 |
| S&P 500 | +12,47 | +0,16% | 7 650,28 |
| Nasdaq Composite | +104,24 | +0,39% | 26 522,54 |
Volatilité contrastée entre actions et matières premières
Bien que la journée coïncidât avec la session d'échéances de produits dérivés dite des « trois sorcières », la volatilité actions est demeurée relativement contenue : l'indice de volatilité VIX est repassé sous les 15 points, perdant 3,95% pour clôturer à 14,82 après avoir évolué dans une fourchette étroite (14,80–15,07).
En revanche, le segment énergie a connu de fortes tensions. Les cours du pétrole ont oscillé largement au cours de la séance, le Brent ayant évolué entre 101,92 et 105 dollars le baril avant de terminer à 103,32 dollars (-1,42%). Le WTI (brut léger américain) a cédé 2,12% pour clôturer à 99,75 dollars après un plus bas intraday à 99,39 et un pic à 103,48 dollars. Rappelons que le Brent avait frôlé les 110 dollars en début de semaine, un niveau qui avait déjà contribué à accroître la nervosité sur les marchés obligataires.
Rendements souverains et politique monétaire
La nouvelle poussée des rendements du Trésor américain est au cœur des inquiétudes : le taux à 10 ans de référence a gagné 5,9 points de base pour s'établir à 5,0064%, renforçant la pression sur les actifs risqués. Ces évolutions interviennent après la décision de la Réserve fédérale, mercredi, de relever ses taux directeurs de 25 points de base, mesure interprétée par le marché comme une confirmation de sa détermination à combattre l'inflation.
La Fed a ainsi accru sa crédibilité aux yeux des investisseurs, mais le mouvement met aussi en lumière les arbitrages auxquels sont confrontés ces derniers : concilier une politique monétaire restrictive et la résilience des valorisations boursières, alors que la remontée des taux pèse sur les valorisations et sur le coût d'emprunt des entreprises.
Enjeux et perspectives
- Géopolitique et énergie : les craintes d'une disruption d'approvisionnement, liées aux frappes entre l'Arabie saoudite et les Houthis, continuent d'alimenter la nervosité sur le pétrole.
- Taux d'intérêt : la hausse des rendements souverains augmente l'attractivité des actifs sans risque et pèse sur les multiples de valorisation des actions.
- Volatilité : la divergence entre une volatilité actions contenue et une volatilité forte sur l'énergie souligne la complexité du diagnostic pour les investisseurs.
À court terme, les marchés resteront sensibles aux nouvelles géopolitiques pouvant affecter les flux pétroliers, ainsi qu'aux indications supplémentaires de la Fed sur la trajectoire future des taux. Les performances passées ne préjugent pas des évolutions à venir ; la conjoncture actuelle impose prudence et sélectivité dans les choix d'allocation.
Camille Vernet
Journaliste, Bourse & marchés — Renseignement Économique