Un rebond des rendements contraint à regarder au-delà du taux affiché
Les fonds en euros, présents dans les contrats d’assurance‑vie, investissent majoritairement en obligations. Leur rendement dépend du prix et du taux des titres acquis par l’assureur : les renouvellements massifs de portefeuille intervenus quand les taux étaient élevés commencent à se traduire par une hausse des performances servies aux épargnants.
En face, le Livret A reste régi par une formule administrative, révisée deux fois par an. En 2026, son taux est de 1,70 %, tandis que les fonds en euros affichent aujourd’hui des fourchettes générales situées entre 2,5 % et 3,5 % selon les contrats et les assureurs.
Les éléments à confronter avant d’arbitrer
- Rendement brut : avantage des fonds en euros sur le papier (2,5–3,5 % vs 1,70 %).
- Frais : les contrats d’assurance‑vie prélèvent généralement des frais de gestion annuels (entre 0,5 % et 1 % selon les contrats), ce qui réduit le rendement net.
- Fiscalité : le Livret A est exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux ; les gains des fonds en euros sont soumis à l’imposition au moment du retrait, allégée après huit ans grâce à un abattement annuel.
- Plafond et disponibilité : le Livret A a un plafond de versement de 22 950 € et permet une disponibilité immédiate des fonds ; l’assurance‑vie n’a pas de plafond mais les retraits peuvent nécessiter quelques jours à quelques semaines.
| Critère | Livret A | Fonds en euros |
|---|---|---|
| Rendement 2026 | 1,70 % | 2,5–3,5 % (selon contrats) |
| Frais | aucun | 0,5–1 % par an |
| Plafond | 22 950 € | aucun |
| Disponibilité | immédiate | quelques jours à quelques semaines |
| Garantie du capital | État (livret réglementé) | assureur, couverture limitée par le fonds de garantie |
Des simulations nécessaires pour voir le gain réel
Un exemple simple illustre l’importance des frais : un fonds en euros affichant 3 % mais facturant 1 % de frais de gestion rapporte, en résultat net, moins qu’un fonds affichant 2,6 % sans frais. Autrement dit, le rendement brut communiqué par l’assureur ne suffit pas pour évaluer le bénéfice réel.
Il faut aussi intégrer la fiscalité au moment du retrait : après huit ans, l’assurance‑vie bénéficie d’abattements qui améliorent la compétitivité nette des fonds en euros, mais ces avantages varient selon la situation fiscale de chaque épargnant.
Quel arbitrage pour quel horizon ?
Pour les sommes courtes et immédiatement disponibles, le Livret A conserve l’intérêt de la simplicité et de l’exonération fiscale, en particulier pour les petits montants jusqu’au plafond. Pour des horizons plus longs, et si l’épargnant supporte un délai de disponibilité et une imposition au retrait, un fonds en euros bien choisi (faibles frais, historique de rendement) peut délivrer un rendement net supérieur.
Conseil de méthode
- Comparer les rendements nets après frais et fiscalité, pas seulement le taux annoncé.
- Vérifier les frais de gestion et l’existence de frais sur versement.
- Intégrer l’horizon de placement : immédiateté vs placement de moyen/long terme.
Face à la remontée des rendements obligataires, les fonds en euros regagnent en attractivité. Reste à chaque épargnant à confronter chiffres, frais et règles fiscales pour déterminer la solution adaptée à son profil et à son horizon.