Une épargne abondante mais peu risquée
La France se distingue par un taux d'épargne élevé : 18 % du revenu disponible, contre 15 % en moyenne en Europe et 3 % aux États-Unis, selon une étude publiée le 16 septembre 2026 pour le compte de J.P. Morgan Asset Management et réalisée par l'institut Opinium. Pourtant, une part importante de cette épargne reste conservée sur des supports liquides et à faible rendement.
Répartition du patrimoine financier
Hors épargne de précaution, 35 % des sondés déclaraient début 2026 détenir l'essentiel de leur épargne de moyen et long terme sur des comptes ou des livrets, tandis que seulement 15 % plaçaient principalement sur des actions. En intégrant les fonds en euros des contrats d'assurance-vie, 48 % du patrimoine financier des ménages se trouve sur des véhicules à rendement limité, et les actions ne représentent que 10 %.
Un coût chiffré depuis 2020
Entre début 2020 et fin 2025, les ménages français ont versé 475 milliards d'euros sur des comptes, des livrets et produits assimilés. Selon les calculs de J.P. Morgan AM, si ces sommes avaient été investies sur les marchés actions mondiaux, elles auraient atteint 921 milliards d'euros fin 2025. Placées sur un Livret A, elles auraient représenté 527 milliards d'euros. L'écart de valorisation atteint ainsi 394 milliards d'euros sur la période.
| Placement (versements 2020-2025) | Valeur fin 2025 |
|---|---|
| Marchés actions mondiaux | 921 milliards € |
| Livret A | 527 milliards € |
| Montant versé | 475 milliards € |
L'inflation creuse la différence
L'étude illustre aussi l'impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat des placements sécurisés : 100 € déposés sur un Livret A au début de 2020 valaient 111 € en nominal fin 2025, mais seulement 96 € une fois l'inflation prise en compte. Investis en actions internationales, ces mêmes 100 € auraient eu une valeur nominale de 194 € et 168 € en termes réels.
Freins psychologiques et lacunes d'information
Plusieurs raisons expliquent le maintien d'une allocation prudente : près d'un tiers des personnes interrogées invoquent la peur de perdre de l'argent comme principal frein à l'investissement en actions. Par ailleurs, 42 % des sondés déclarent n'avoir jamais envisagé d'investir ou ne pas savoir comment procéder. Lorsqu'on leur demande quel placement offrirait le meilleur rendement à long terme, 26 % citent les comptes et livrets, contre seulement 12 % pour les actions.
Enjeux pour la préparation de la retraite
Ce comportement a des implications directes pour la préparation de la retraite : la défiance envers les marchés et le manque de connaissance des mécanismes d'investissement peuvent conduire à des rendements réels négatifs pour une part de l'épargne de long terme. À l'heure où les rendements des produits sécurisés peinent à suivre l'inflation, la question de l'éducation financière et de l'accès à des solutions d'investissement adaptées revient au cœur des débats publics.
- Taux d'épargne : 18 % du revenu disponible en France.
- Part en actions : 10 % du patrimoine financier des ménages.
- Coût estimé : 394 milliards d'euros d'écart de valorisation entre actions et livrets (2020–2025).