Une épargne abondante mais peu orientée vers les actions
Les ménages français épargnent beaucoup — taux d'épargne de 18 % — mais, selon l'étude commandée par JP Morgan Asset Management, ils orientent cette réserve de précaution vers des produits à faible rendement. Résultat : sur les six dernières années, la prudence des Français leur aurait coûté près de 400 milliards d'euros de rendement potentiel.
L'étude met en regard plusieurs chiffres clés pour expliquer ce hiatus entre capacité d'épargne et performance : la part du patrimoine placée sur comptes, livrets et dépôts est jugée excessive par rapport à l'investissement en actions, qui reste marginal.
Qui place quoi ?
| Indicateur | France | Moyenne UE / remarques |
|---|---|---|
| Taux d'épargne | 18 % | ~15 % en moyenne dans l'UE |
| Part sur comptes/livrets (moyenne patrimoine) | 35 % | |
| Part en produits réglementés (Livret A, LDDS) | 44 % de cette épargne | |
| Exposition aux actions (directe) | 10 % | « un niveau très inférieur à la moyenne de la zone euro » |
| Exposition actions (y compris UC) | 17 % | toujours en retrait par rapport à l'Europe |
Conséquences pour le patrimoine
En privilégiant la liquidité et la sécurité — comptes, livrets réglementés, et fonds en euros d'assurance‑vie — les Français se privent de l'effet cumulatif des marchés actions sur le long terme. JP Morgan Asset Management souligne que cette allocation a réduit le rendement global des portefeuilles domestiques comparé à ce qu'une exposition plus élevée aux actions aurait permis d'obtenir.
« De l’épargnant à l’investisseur : une opportunité pour la France »
Les arbitrages à considérer
Trois enseignements pratiques se dégagent sans prescrire de stratégie :
- Horizon et objectif : la sensibilité aux actions dépend de l'horizon temporel — sur le long terme, elles restent historiquement plus rémunératrices ;
- Répartition : une diversification entre liquidité (pour l'urgence), produits garantis et une poche actions peut améliorer le rendement sans sacrifier totalement la sécurité ;
- Coût d'opportunité : chaque euro maintenu sur des livrets peu rémunérateurs peut représenter une perte de rendement significative sur plusieurs années.
Un défi public et individuel
Au plan macroéconomique, la sous‑allocation aux actions freine aussi le financement direct des entreprises par l'épargne des ménages. Pour les particuliers, cela pose la question des mécanismes d'information, d'éducation financière et d'accès à des produits actions (PEA, assurance‑vie en unités de compte, OPC) qui conviendraient aux profils prudents tout en améliorant le rendement à long terme.
Les chiffres de JP Morgan Asset Management invitent donc à un double mouvement : mieux expliquer les bénéfices et risques des placements en actions, et concevoir des solutions adaptées à des épargnants attachés à la sécurité mais souhaitant préserver leur pouvoir d'achat et faire croître leur patrimoine.