Pas de gel du barème malgré un important effort budgétaire
Le 18 septembre 2026, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a assuré sur LCI que le gouvernement n’envisageait pas de geler le barème de l’impôt sur le revenu dans la préparation du budget 2027. Cette affirmation vient encadrer un débat central : comment concilier la volonté de préservation du pouvoir d’achat des ménages et l’objectif de réduction du déficit public ?
«Il n'y aura pas de gel du barème de l'impôt sur le revenu . C'est extrêmement important dans une période où l'inflation augmente»
Le ministre a situé la position de l’exécutif dans une logique de protection du pouvoir d’achat des travailleurs, insistant sur l’importance de ne pas laisser l’inflation accroître la charge fiscale des contribuables. L’annonce intervient alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fixé un objectif de ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut en 2027.
Chiffres et calendrier
Le contexte budgétaire est marqué par un effort global de 54 milliards d'euros pour 2027. David Amiel a précisé la ventilation annoncée :
- 9 milliards d'euros correspondent à des mesures déjà mises en œuvre en 2026 mais dont l'impact se fera sentir en 2027 ;
- 45 milliards d'euros représentent les efforts nouveaux qui seront détaillés dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
| Montant total | Déjà lancés | Efforts nouveaux |
|---|---|---|
| 54 milliards € | 9 milliards € | 45 milliards € |
Qui est concerné — et qui ne l'est pas
La déclaration ministérielle vise directement les contribuables soumis à l'impôt sur le revenu : salariés, indépendants, retraités et foyers fiscaux dont l'impôt est calculé selon le barème progressif. Refuser le gel du barème signifie que l'exécutif entend maintenir le mécanisme d'indexation implicite qui limite les pertes de pouvoir d’achat quand l'inflation augmente.
En revanche, l'annonce ne dit rien de mesures précises concernant d'autres prélèvements (CSG, prélèvement à la source, impôts locaux) : ces éléments pourront être modifiés par les textes budgétaires à venir. De même, l'engagement concerne le barème national ; il ne préjuge pas de décisions spécifiques pour des dispositifs ciblés (crédits d'impôt, exonérations sectorielles) qui seront examinés séparément.
Conséquences et enjeux
Sur le plan politique, la position du ministre répond à une sensibilité sociale forte : la préservation du pouvoir d'achat reste un point crucial pour l'opinion publique. Sur le plan technique, refuser le gel du barème limite une piste souvent évoquée pour accroître les recettes fiscales sans modifier les taux : le « dégel » (ou indexation) permet d'éviter que l'inflation n'entraîne une hausse mécanique de l'impôt pour des revenus qui n'ont pas réellement progressé en pouvoir d'achat.
Reste la question du financement de l'effort demandé : l'exécutif affirmera dans les textes à venir comment il compensera l'absence de gel du barème parmi les 45 milliards d'efforts nouveaux annoncés.
Calendrier législatif
Les principaux détails seront précisés lors du dépôt du projet de loi de finances 2027 et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ces textes détailleront les mesures nouvelles et les économies retenues pour atteindre l'objectif de déficit fixé pour 2027.
En résumé : le gouvernement exclut officiellement le gel du barème de l'impôt sur le revenu pour 2027, tout en devant présenter des mesures d'économies substantielles pour respecter la trajectoire budgétaire annoncée.