Un chômage des jeunes qui reste élevé et des emplois menacés par la technologie
L'Organisation internationale du travail (OIT) alerte sur une situation préoccupante : le taux de chômage des 15-24 ans devrait atteindre 12,4 % en 2025, ce qui correspond à 67 millions de jeunes sans emploi dans le monde. Au-delà de ce chiffre, l'OIT souligne que plus de 257 millions de jeunes sont soit sans emploi, soit ni scolarisés ni en formation (NEET), renforçant le risque d'exclusion durable du marché du travail.
La transformation technologique, et en particulier le développement rapide de l'intelligence artificielle (IA), modifie la donne : 6,1 % des emplois tenus par des jeunes de 15 à 29 ans sont identifiés comme fortement impactés par ces changements. Parmi les secteurs affectés figurent les services, la vente, la production, les métiers administratifs et certaines professions techniques — des postes souvent occupés par des jeunes au début de leur carrière.
« Lorsque les jeunes sont soutenus pour libérer leur potentiel et participer efficacement au marché du travail, ils se construisent non seulement un avenir meilleur, mais stimulent également la productivité et la compétitivité des entreprises et contribuent à la croissance nationale. »
Ce que cela change pour les jeunes, les employeurs et les pouvoirs publics
Derrière les pourcentages se dessinent des conséquences concrètes. Pour les jeunes, la multiplication des recrutements précaires, la concurrence accrue et l'obsolescence rapide de certaines compétences rendent l'entrée sur le marché du travail plus incertaine. Pour les employeurs, la digitalisation impose d'investir dans la formation interne et d'anticiper des replis d'activités sur des postes administratifs ou intermédiaires.
Pour les décideurs publics, le message est double : renforcer l'accès à la formation initiale de qualité, mais aussi développer des dispositifs de reconversion et d'apprentissage tout au long de la vie afin de réduire le risque d'exclusion. Des stratégies nationales doivent donc lier politique éducative, soutien à l'emploi et accompagnement des transitions technologiques.
Mesures prioritaires recommandées
- Investir massivement dans les compétences numériques et transversales pour rendre les jeunes plus résilients face aux mutations.
- Renforcer l'apprentissage et les passerelles entre formation et emploi pour limiter la durée de chômage des jeunes.
- Accompagner les secteurs en transition (vente, services, administration) pour préserver l'emploi et adapter les métiers.
Les propos rapportés dans le texte de l'OIT insistent sur la nécessité de ne pas sous-estimer les risques liés à l'IA et sur l'impératif d'une action coordonnée entre acteurs publics et privés pour protéger l'employabilité des nouvelles générations.
Repères chiffrés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage des 15-24 ans (2025) | 12,4 % |
| Jeunes sans emploi (15-24 ans) | 67 millions |
| Jeunes sans emploi ou NEET | 257 millions |
| Emplois de 15-29 ans fortement exposés à l'IA | 6,1 % |
La situation décrite par l'OIT n'est pas une fatalité mais elle impose une réponse rapide : sans montée en compétences et adaptations structurelles, de larges cohortes de jeunes risquent de rester marginalisées, avec des effets négatifs durables sur la productivité des entreprises et la cohésion sociale.