Un magot public qui ne cesse d’augmenter
La Caisse des Dépôts centralise désormais 7,87 milliards d’euros d’avoirs pour lesquels aucun bénéficiaire n’a été identifié. Ces sommes proviennent notamment de comptes bancaires qui n’ont pas été utilisés pendant des années, de contrats d’assurance‑vie, de plans d’épargne salariale ou de primes restées non réclamées après un changement d’employeur. Ce stock financier a plus que doublé depuis 2016, où il s’élevait à 3,7 milliards d’euros.
Comment cet argent arrive à la Caisse des Dépôts
Le mécanisme de transfert découle de la législation dite loi Eckert, entrée en vigueur il y a dix ans pour lutter contre la déshérence financière. Lorsqu’un établissement (banque, assureur, gestionnaire d’épargne salariale) n’arrive plus à contacter un titulaire après une longue période d’inactivité, il est tenu de rapatrier les avoirs auprès de la Caisse des Dépôts.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Montant total | 7,87 milliards d’euros |
| Montant fin 2016 | 3,7 milliards d’euros |
| Délai d’inactivité standard | 10 ans |
| Délai réduit (ex. décès) | 3 ans |
Quels produits sont concernés ?
Parmi les avoirs rapatriés figurent :
- comptes bancaires oubliés ouverts parfois depuis l’enfance ;
- contrats d’assurance‑vie dont le bénéficiaire n’a pas été retrouvé ;
- plans d’épargne salariale non débloqués après un départ de l’entreprise ;
- avoirs d’établissements aujourd’hui disparus (exemples cités récemment : ING Direct, Ma French Bank, Orange Bank).
Que faire si vous pensez être concerné ?
La vérification est rapide et gratuite via le service public en ligne Ciclade. En quelques minutes, un citoyen peut rechercher son nom et savoir si des sommes lui sont attribuables. L’été, période propice au rangement des papiers, est souvent recommandé pour effectuer ce contrôle.
Conséquences et points de vigilance
Le doublement du volume depuis 2016 montre que le dispositif fonctionne, mais il révèle aussi l’ampleur des comptes qui échappent encore à la vigilance de leurs titulaires. Au‑delà de récupérer d’éventuelles sommes, il est utile de :
- mettre à jour ses coordonnées auprès des banques et assureurs ;
- clarifier les bénéficiaires de ses contrats d’assurance‑vie ;
- prévoir la transmission des informations utiles aux ayants droit en cas de décès.
Rien n’est automatique : si un avoir a été transféré à la Caisse des Dépôts, des démarches peuvent être nécessaires pour obtenir le versement. Le recours à Ciclade est la première étape, simple et accessible, pour savoir si une part de ces milliards vous revient.