Des hausses annuelles marquées, des trajectoires courtes divergentes
Après une interruption, l'Institut National de la Statistique (INS) a recommencé à diffuser son bulletin trimestriel consacré à l'Indice des Prix de l'Immobilier (IPIM), offrant un panorama chiffré du quatrième trimestre 2025 (base 2015 = 100). Sur un an, l'indice des immeubles bâtis à usage d'habitation progresse de 5,6 %. Cette hausse n'est pas uniforme : les appartements gagnent 5,7 % en glissement annuel, les maisons individuelles et villas affichent une augmentation similaire de 5,6 %, tandis que les terrains résidentiels à bâtir prennent 3,9 %.
Sur des horizons plus courts, l'évolution entre le troisième et le quatrième trimestre 2025 révèle des mouvements opposés selon les typologies : l'indice global des immeubles bâtis connaît une quasi-stabilité avec une hausse trimestrielle de 0,3 %. Cette moyenne masque une progression sensible des prix des maisons (+1,8 % sur le trimestre) et un léger recul des appartements (-0,3 %).
Le foncier se redresse, le littoral tire la hausse
Le marché du foncier montre une dynamique également positive à court terme : les prix des terrains résidentiels grimpent de 1,9 % sur le trimestre au niveau national, portés notamment par le Grand Tunis (+2,4 %) et la zone du Sahel (+2,6 %).
- Perspective annuelle : +5,6 % pour les immeubles bâtis, portée par appartements et maisons.
- Perspective trimestrielle : stabilité globale mais divergence entre maisons et appartements.
- Foncier : reprise trimestrielle, avec le Grand Tunis et le Sahel en tête.
Disparités régionales et implications
L'étude géographique de l'INS met en exergue des écarts notables : le Sahel (région comprenant Nabeul, Sousse, Monastir, Mahdia) présente la dynamique la plus marquée, avec une hausse annuelle de 6,9 % pour les immeubles bâtis et +5,3 % pour les terrains résidentiels. Ces chiffres plaident pour une concentration des tensions haussières sur les zones littorales et touristiques, ce qui peut peser sur l'accessibilité au logement localement tout en offrant des opportunités pour les porteurs de projets et investisseurs ciblant la demande de résidences secondaires ou de rendement locatif.
Conséquences pour ménages et acteurs du marché
Concrètement, une hausse annuelle globale de l'ordre de 5,6 % se traduit, pour un acquéreur moyen, par un ticket d'entrée et des mensualités de crédit en augmentation — d'autant plus sensible si les taux d'emprunt restent élevés. Pour les vendeurs et promoteurs, la remontée du foncier et des prix des maisons peut soutenir les marges, mais la contraction des volumes de transactions signalée par l'INS (mentionnée dans le contexte) rappelle que la hausse des valeurs n'est pas forcément synonyme d'un marché fluide.
| Indicateur | Variation annuelle | Variation trimestrielle |
|---|---|---|
| Immeubles bâtis (global) | +5,6 % | +0,3 % |
| Appartements | +5,7 % | -0,3 % |
| Maisons individuelles / villas | +5,6 % | +1,8 % |
| Terrains résidentiels | +3,9 % | +1,9 % |
La publication de l'INS remet donc le marché immobilier tunisien sous observatoire régulier : pour les acteurs — promoteurs, investisseurs, banques — il s'agit d'ajuster offres et scénarios de financement. Pour les ménages, il devient impératif de raisonner en volumes et mensualités, et de prendre en compte la géographie des hausses pour situer leur projet par rapport à l'évolution des prix.