La guerre en Iran pèse sur l’emploi et la trésorerie des entreprises
La reprise des bombardements en Iran et les tensions récurrentes autour du détroit d'Ormuz se traduisent, pour les entreprises françaises, par des effets concrets et immédiats sur l’activité et l’emploi. Selon une enquête du Lab de BPI France reprise par LCI, près de 80% des TPE-PME hexagonales déclarent être concernées, parmi lesquelles 41% se disent «très fortement» touchées.
Ces perturbations se matérialisent principalement par une hausse des coûts de l’énergie et des retards d’approvisionnement, avec des conséquences variables selon les secteurs : le commerce, la construction et le tourisme apparaissent particulièrement exposés, tandis que l’industrie et le transport montrent davantage de résistance.
Ce que ça change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés, le premier effet se mesure sur le marché du travail : les embauches reculent, la part des CDI diminue au profit de contrats plus précaires comme les CDD, et les offres d’emploi ont baissé de 9%. Cette contraction de la demande de travail s’accompagne d’un ralentissement des investissements des entreprises, selon l’éditorialiste économique Nicolas Doze.
« La photographie n'est pas réjouissante pour le marché de l'emploi. »
Pour les dirigeants, le défi est double : absorber la hausse des coûts et gérer des chaînes d’approvisionnement perturbées tout en maintenant la trésorerie. Sur ce point, l’enquête apporte toutefois un point d’appui : 84% des TPE-PME indiquent que leur trésorerie « tient le coup » à ce stade.
- Coûts et logistique : matières premières comme les engrais, l’aluminium ou certains plastiques transitent via le détroit d’Ormuz, allongeant délais et coûts de transport.
- Emploi : baisse des offres d’emploi (- 9%), plus de contrats temporaires, et ralentissement des recrutements.
- Investissement : la montée des incertitudes pousse les entreprises à différer ou réduire leurs projets d’investissement.
Données synthétiques
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| TPE-PME concernées | ~80% |
| Très fortement touchées | 41% |
| Baisse des offres d'emploi | 9% |
| TPE-PME avec trésorerie résistante | 84% |
| Croissance Q2 (Insee) | 0,2% |
Perspectives et risques
L’enquête signale que l’impact pourrait s’accentuer si les tensions perdurent : «plus ça dure, plus c’est dur», résume Nicolas Doze. Pour l’instant, la combinaison d’une croissance faible (+ 0,2% au deuxième trimestre selon l’Insee) et d’une trésorerie majoritairement tenante évite un basculement généralisé. Mais la situation reste fragile : une aggravation des perturbations logistiques ou une hausse prolongée du prix de l’énergie risquent d’entraîner des fermetures, des réductions d’effectifs ou un recours accru à des contrats précaires.
Concrètement, les salariés des secteurs les plus exposés doivent s’attendre à une moindre fluidité du marché du travail et à une intensification des formes d’emploi temporaire. Les employeurs, eux, sont poussés à renforcer la gestion des risques (diversification des fournisseurs, couverture contre le risque énergétique) et à revoir leurs projections d’embauche et d’investissement.
En l’absence d’évolution favorable du contexte international, les prochains mois seront déterminants pour savoir si les entreprises parviendront à convertir leur résilience actuelle en reprise durable de l’activité et de l’emploi.