Un écart structurel dans l'insertion des 15-24 ans
L'étude de l'institut Rexecode publiée en juillet 2026 éclaire d'un jour inquiétant la situation des jeunes Français sur le marché du travail. Selon les auteurs, 11 % des 15-24 ans sont aujourd'hui classés comme NEETs (ni en emploi, ni en études, ni en formation). Ce taux place la France au 4e rang des pays de l'Union européenne pour cette forme d'exclusion.
Moins d'heures travaillées : un retard significatif
Autre constat marquant : le volume moyen annuel de travail des 15-24 ans s'établit à 526 heures en France, contre 746 heures en Allemagne. Soit un écart proche de 30 %. Les auteurs relient ce faible cumul d'activité à une insertion tardive sur le marché du travail (taux d'emploi de 35 %) et à un faible recours au cumul emploi-études, contrairement à certains voisins européens.
Ce que cela change pour les jeunes et les employeurs
- Pour les jeunes : un risque accru d'érosion des compétences pratiques et d'éloignement durable de l'emploi, avec des conséquences sur les perspectives salariales à moyen terme.
- Pour les employeurs : une réserve de main-d'œuvre potentielle moins préparée aux exigences professionnelles, et des coûts de formation interne qui peuvent augmenter.
- Pour les politiques publiques : la nécessité d'intervenir sur l'orientation, la prévention du décrochage scolaire et les dispositifs d'entrée dans l'emploi (alternance, stages de qualité, accompagnement personnalisé).
Contexte et explications avancées par Rexecode
Rexecode met en avant des failles du système éducatif pour expliquer ce décrochage : des inégalités socio-économiques mal corrigées dès l'école primaire et des dispositifs d'orientation qui ne parviennent pas à prévenir les sorties précoces du parcours scolaire. Le rapport souligne que, malgré une part de jeunes en études proche de la moyenne européenne (72 %), la France cumule une proportion élevée de NEETs et un recours limité au cumul études-emploi.
Conséquences concrètes et leviers d'action
Les chiffres présentés par Rexecode n'ont rien d'anecdotique : ils pointent vers un frein à la compétitivité et à la mobilité sociale. Plusieurs leviers peuvent être mobilisés sans attendre :
- renforcer l'orientation dès le secondaire et améliorer l'articulation entre formation et besoins des entreprises ;
- développer les dispositifs favorisant le cumul emploi-études et l'alternance, pour raccrocher les jeunes au marché du travail ;
- mettre l'accent sur l'accompagnement individualisé des décrocheurs pour réduire le stock de NEETs.
| Indicateur | France | Allemagne |
|---|---|---|
| Taux de NEETs (15-24 ans) | 11 % | — |
| Heures travaillées annuelles (15-24 ans) | 526 h | 746 h |
| Taux d'emploi des 15-24 ans | 35 % | — |
| Part en études | 72 % | — |
Ces données imposent un choix : agir pour rapprocher davantage l'expérience scolaire des exigences du travail ou accepter une génération moins insérée. Le débat doit maintenant se traduire par des orientations budgétaires et des réformes ciblées, car derrière chaque pourcentage figurent des trajectoires de vie et un enjeu national de compétitivité.