Une levée privée de 25 millions de dollars pour consolider une stratégie africaine
AfricaWorks Investment Partners (AWIP) a annoncé la clôture de son deuxième fonds, AWIP II, qui mobilise 25 millions de dollars. L'opération, réalisée uniquement auprès d'investisseurs privés — principalement français et africains — vise à financer le déploiement du groupe sur le continent, avec une priorité affichée sur la Côte d'Ivoire et le Sénégal.
Il s'agit d'un bond significatif par rapport au premier véhicule mis en place l'an dernier : AWIP II représente environ trois fois le montant initial. Le groupe revendique ainsi la plus importante levée privée dédiée à l'immobilier commercial en Afrique pour l'année 2026, hors opérations ayant intégré des investisseurs institutionnels publics.
« Avec AWIP II, nous confirmons la pertinence de notre modèle fondé sur une excellente compréhension des dynamiques urbaines africaines et des usages sur le continent ainsi que sur une discipline d’investissement rigoureuse »
La citation est attribuée à Grégoire Schwebig, cofondateur et CEO d'AfricaWorks, dont le modèle combine la promotion immobilière et l'exploitation d'espaces — bureaux flexibles, coworking et coliving — via des entités complémentaires au sein du groupe.
Qui a participé au tour et quelles implications ?
- Une douzaine de Limited Partners français — dont Robert Daussun (LBO France) et Emmanuel & Matthieu Russel (Work & Share) — ont pris des engagements en capital.
- Des investisseurs privés français comme Marine Bellanger-Sood (Partner chez Bain & Company) et Dominique Ozanne (président de Hova Hospitality) figurent parmi les souscripteurs.
- Des family offices africains sont également impliqués, à l'instar de Spark Capital et du groupe Filatex.
Cette configuration d'investisseurs privés — plutôt que la présence d'acteurs publics ou de grands fonds institutionnels — souligne le positionnement d'AfricaWorks sur une logique de capital patient, axée sur l'adaptation aux usages locaux et la construction d'actifs exploités ensuite par sa filiale opérationnelle.
Contexte du marché et comparaison
Sur le segment de l'immobilier commercial en Afrique, quelques levées supérieures à 25 M$ ont été annoncées en 2026, mais elles comportaient souvent une composante institutionnelle. À titre de comparaison :
| Opération | Montant | Caractéristique |
|---|---|---|
| AfricaWorks (AWIP II) | 25 M$ | Levée privée (LPs français, family offices africains) |
| ALP industrial Reit (Kenya) | 34,5 M$ | Opération avec investisseurs institutionnels publics et privés |
| Mediterrania Capital Partners (Maroc) | ~40 M$ | Montant avoisinant 40 M$, incluant des institutions |
Ces comparaisons mettent en lumière la diversité des modèles de financement sur le continent : fonds privés ciblés, structures mixtes ou véhicules impliquant des investisseurs publics. Pour AfricaWorks, la montée en taille du fonds traduit la confiance des réseaux privés francophones et africains dans son approche centrée sur les usages urbains.
Enjeux et perspectives
Le secteur de l'immobilier commercial est perçu comme stratégique pour la transformation économique africaine. Pour AfricaWorks, les prochains défis seront opérationnels et financiers : convertir les capitaux levés en actifs performants, assurer un rythme de développement compatible avec la demande locale et démontrer la résilience du modèle dans des contextes macroéconomiques variés.
La réussite du placement met également en lumière l'appétit des investisseurs privés pour des opportunités immobilières en Afrique lorsqu'elles s'appuient sur une connaissance fine des marchés et un contrôle de la chaîne, de la promotion à l'exploitation des immeubles.