Une règle fiscale remodelée par la loi de finances 2026
Depuis l'entrée en vigueur des dispositions de la loi de finances pour 2026, le Plan d'épargne retraite (PER) conserve son accessibilité après 70 ans mais change de nature fiscale. Le produit ne disparaît pas : il devient un outil de gestion patrimoniale plutôt qu'un levier de défiscalisation pour les versements réalisés à compter du 70e anniversaire.
Ce qui change concrètement
Jusqu'à la réforme, les versements réalisés sur un PER pouvaient être déduits du revenu imposable, dans la limite des plafonds applicables. Dorénavant :
- Les versements effectués avant le 70e anniversaire conservent la déductibilité, sous réserve des plafonds habituels.
- Les versements effectués à compter du 70e anniversaire ne donnent plus droit à la réduction de l'assiette imposable.
En pratique, cela signifie qu'une personne qui fête son 70e anniversaire en juillet pourra encore déduire les sommes versées jusqu'à la veille de son anniversaire ; les versements effectués à partir du jour de ses 70 ans n'entraînent plus d'économie d'impôt.
Pourquoi le législateur a-t-il choisi cette option ?
L'intention affichée est de recentrer le PER sur son objectif de préparation progressive à la retraite, et d'éviter des optimisations fiscales de dernière minute. La logique se rapproche de celle de l'assurance-vie, déjà soumise à des règles spécifiques pour les versements effectués après 70 ans.
« Beaucoup d'épargnants pensent qu'à 70 ans, le PER ne sert plus à rien. En réalité, ce n'est pas le produit qui perd son intérêt, c'est sa logique fiscale qui change : on passe d'un outil de défiscalisation à un outil de gestion patrimoniale »
Cette observation, rapportée par des spécialistes de l'épargne retraite, résume le basculement : le produit reste pertinent pour organiser sa transmission, sa gestion de liquidités ou la constitution d'un complément de revenus, mais sans l'avantage immédiat d'une réduction d'impôt liée aux nouveaux apports.
Quelques chiffres pour situer l'enjeu
Le PER est déjà largement répandu : fin du troisième trimestre 2025, il comptait environ 12,7 millions de titulaires et plus de 141 milliards d'euros d'encours. Le changement fiscal concerne donc un large public, y compris des titulaires proches de la retraite ou déjà retraités.
Ce que peuvent faire les épargnants
Plusieurs options restent ouvertes et doivent être évaluées au cas par cas :
- Prioriser les versements déductibles avant l'anniversaire des 70 ans si l'objectif est la réduction d'impôt.
- Continuer à alimenter un PER après 70 ans pour des raisons patrimoniales (transmission, constitution d'un capital, sécurisation de revenus), en acceptant l'absence de déduction fiscale.
- Comparer le PER avec d'autres enveloppes (assurance-vie, produits bancaires) selon l'objectif fiscal, successoral et de liquidité.
| Âge | Déductibilité des versements |
|---|---|
| Avant le 70e anniversaire | Oui (dans la limite des plafonds existants) |
| À compter du 70e anniversaire | Non (nouveaux versements non déductibles) |
Pour les conseillers comme pour les épargnants, la conséquence immédiate est d'anticiper la stratégie d'apport : si l'économie d'impôt est recherchée, il faut réaliser les versements avant le 70e anniversaire. Au-delà, la décision relève d'une logique patrimoniale et nécessite une revue des objectifs (transmission, liquidité, fiscalité des capitaux en sortie).
Enfin, il est utile de rappeler qu'aucune des règles de disponibilité ou d'accès au PER n'est ici modifiée : seules les modalités fiscales des versements nouveaux après 70 ans ont été redéfinies par la loi de finances 2026.