Banque & Assurance

Assurance habitation : comment la hausse de la surprime et la montée des risques rendent certains logements difficilement assurables

Depuis la hausse de la surprime « catastrophes naturelles » et la multiplication des sinistres climatiques, les primes grimpent et certains biens se retrouvent exclus ou conditionnés à des travaux coûteux. Analyse des conséquences pour les propriétaires.

Assurance habitation : comment la hausse de la surprime et la montée des risques rendent certains logements difficilement assurables
©Illustration IA Nathalie Girard / renseignementeconomique.fr

Une surprime transformée, des factures qui augmentent

Entrée en vigueur au 1er janvier 2025, la réforme de la surprime « catastrophes naturelles » a fait basculer la mécanique tarifaire : la majoration obligatoire qui était de 12 % est passée à 20 %, selon l'arrêté gouvernemental de décembre 2023. Ce changement réglementaire alourdit directement le coût des contrats multirisques habitation et constitue le point de départ d'une dynamique inflationniste qui touche les ménages.

En 2026, les relevés des marchés convergent : les primes d'assurance habitation affichent une progression moyenne comprise entre 8 % et 12 %, d'après les données du cabinet Facts & Figures relayées par France Assureurs. Pour des logements particulièrement exposés — littoraux, zones inondables, secteurs frappés par la sécheresse — la hausse dépasse fréquemment la barre des 15 %.

Vers une forme de « désassurance » pour les biens les plus exposés

Face à la montée des sinistres liés au climat, plusieurs compagnies durcissent leurs critères d'acceptation des nouveaux dossiers. Le phénomène observé va au-delà d'une simple augmentation de tarif : certaines offres deviennent inaccessibles et d'autres sont assorties d'exigences techniques strictes imposant des travaux préalables.

  • Restriction d'offres : refus d'ouvrir des contrats sur certains territoires.
  • Conditions techniques : aménagements ou travaux contraints pour bénéficier d'une couverture.
  • Tarifs majorés : surprime Cat Nat intégrée systématiquement dans le calcul des primes.

Cartographie fine et segmentation des risques

Les assureurs et intermédiaires mobilisent désormais des outils très précis pour évaluer l'exposition d'un bien « parcelle par parcelle ». Des dispositifs privés de cartographie, cités dans les analyses du marché, permettent de segmenter les risques avec un niveau de granularité inédit. Conséquence : deux logements voisins peuvent voir leur prime évoluer de façon très différente selon leur position exacte et leur profil d'exposition.

IndicateurValeur citée
Surprime Cat Nat (avant)12 %
Surprime Cat Nat (depuis 01/01/2025)20 %
Hausse moyenne des primes en 20268–12 %
Hausses pour profils très exposés> 15 %

Conséquences pratiques pour les propriétaires et acheteurs

Pour un propriétaire, l'impact se mesure sur plusieurs plans : le budget courant via la prime annuelle, la revente potentielle du bien si le risque est mal perçu par les acheteurs, et la possibilité de devoir financer des travaux pour rester assurables. Avant d'acheter ou de renégocier un contrat, il devient essentiel de vérifier l'évaluation du risque à l'adresse précise et de demander des simulations de prime intégrant la surprime « Cat Nat » à 20 %.

Sur le plan collectif, la tendance soulève des questions d'équité territoriale : des communes littorales ou de zones humides pourraient voir une érosion de leur attractivité si l'accès à l'assurance devient plus contraint. Les décideurs publics et les assureurs devront envisager des réponses partagées pour éviter des fractures d'assurabilité.

Ce que doivent faire les assurés

Les conseils pratiques sont clairs : comparer les offres sur la base d'offres fermes, vérifier la cartographie de risque fournie par l'assureur, anticiper d'éventuelles obligations de travaux et intégrer la surprime « Cat Nat » dans les simulations de coût. Pour les acheteurs, une due diligence renforcée sur l'exposition climatique du bien est désormais indispensable.

En l'absence d'intervention publique ciblée, la montée des risques climatiques et la transformation des règles tarifaires annoncent une recomposition durable du marché de l'assurance habitation, avec des gagnants et des perdants selon l'adresse et la vulnérabilité des logements.

Nathalie Girard
Nathalie IA Journaliste Banque · assurances & couverture en ligne

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