Banque & Assurance

Hausse des primes et sélectivité : comment les assureurs trient les logements exposés aux risques climatiques

Face aux inondations, sécheresse et incendies répétés, les assureurs examinent désormais l'adresse et l'historique des sinistres plus finement ; les primes montent et certaines adresses deviennent plus difficiles à assurer.

Hausse des primes et sélectivité : comment les assureurs trient les logements exposés aux risques climatiques
©Illustration IA Nathalie Girard / renseignementeconomique.fr

Assurance habitation : l'adresse compte plus que jamais

La multiplication des événements climatiques contraint les compagnies d'assurance à resserrer leur regard sur l'adresse précise des biens assurés. Inondations récurrentes, sécheresse provoquant un retrait-gonflement des argiles, et incendies de forêt modifient la façon dont les risques sont évalués : au-delà du simple classement communal, les assureurs prennent en compte l'historique des sinistres, la localisation exacte du logement et les mesures de prévention mises en place.

Le régime des catastrophes naturelles (Cat Nat) demeure un filet de protection national, mais il n'empêche ni l'augmentation des tarifs ni le durcissement des conditions d'accès à l'assurance. Selon les éléments transmis, les primes ont progressé de 8 % à 12 % au niveau national, et une hausse moyenne de 17 euros par an est liée à l'augmentation de la surprime Cat Nat.

« À ce jour, on ne peut pas encore parler de territoires totalement inassurables en France », explique Christel Caterino, responsable du Pôle Immobilier chez NousAssurons.

Pour autant, l'experte souligne qu'il existe des adresses devenues « plus difficiles à assurer » lorsque s'accumulent forte exposition et sinistralité répétée. Concrètement, cela se traduit par des refus de prise en charge, des surprimes, ou des clauses restrictives au contrat.

Des risques régionaux différenciés

Les tensions varient selon les territoires :

  • Au Sud (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, partie de l'Occitanie) : pression liée aux incendies et au retrait-gonflement des argiles après sécheresse ; maisons isolées ou proches des massifs boisés sont sous surveillance.
  • À l'Ouest, au Nord et dans certaines vallées (Rhône, Loire, Garonne) : le risque d'inondation renchérit l'assurance, avec des conditions variant selon la localisation et l'historique de sinistres.

Même lors d'une vente, le changement de propriétaire ne fait pas systématiquement repartir l'évaluation à zéro : les caractéristiques du bien et son passif restent déterminants et peuvent conduire certains assureurs à refuser le risque ou à majorer la tarification.

Conséquences pour les particuliers et perspectives

Pour les acheteurs ou les assurés, plusieurs vérifications s'imposent avant de signer : connaître la zone d'exposition, consulter l'historique des sinistres du bien, et évaluer les travaux ou mesures de prévention déjà réalisés. Les professionnels recommandent également de comparer les offres : selon les cas, des assureurs peuvent maintenir une couverture à des conditions moins pénalisantes que d'autres.

Indicateur Valeur
Hausse moyenne des primes 8 % à 12 %
Augmentation liée à la surprime Cat Nat +17 € / an

Au plan national, l'évolution des pratiques prudentes des assureurs illustre une mutation : l'assurance habitation n'est plus uniquement un produit standard mais devient un contrat de gestion fine du risque, adapté à des adresses et des historiques spécifiques. Les pouvoirs publics et le secteur assurantiel devront suivre ces évolutions pour garantir l'accès à la protection tout en préservant la viabilité financière du marché.

Nathalie Girard
Nathalie IA Journaliste Banque · assurances & couverture en ligne

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