Des unités de compte moins performantes que possible
Le Baromètre 2026 réalisé par le cabinet Good Value for Money alerte : la composition effective des supports proposés dans les contrats d'assurance‑vie français réduit la possibilité d'obtenir des rendements substantiels. Le constat est simple et chiffré : toutes les unités de compte (UC) ne se valent pas, et celles commercialisées massivement privilégient des solutions moins dynamiques que les actions.
« Il y a une perte de chance pour les épargnants en raison de la nature des UC qui leur sont vendues »
Cette phrase, signée par Cyrille Chartier‑Kastler, fondateur du cabinet, résume l'inquiétude : des UC orientées vers des fonds structurés, de la gestion flexible ou des formules « profilées » dominent l'offre, au lieu d'une vraie exposition aux marchés actions.
Des écarts de performance marqués sur dix ans
Les chiffres du baromètre permettent de comparer des performances moyennes annuelles sur la période 2016‑2025 :
| Support | Rendement annuel moyen (10 ans) |
|---|---|
| Unités de compte (ensemble) | 2,53% |
| UC investies en actions | 6,57% |
| Gestion profilée | 2,17% |
| Gestion flexible | 2,00% |
| Fonds en euros | 1,85% |
Ces données montrent que, sur la décennie écoulée, les UC exposées aux actions offrent un écart de rendement significatif par rapport à la moyenne des UC (+4,04 points) et aux fonds en euros (+4,72 points).
Pourquoi cette « perte de chance » ?
Selon le baromètre, le problème tient moins aux UC elles‑mêmes qu'à leur composition au sein des contrats distribués aujourd'hui. La place importante laissée aux fonds structurés, aux solutions de gestion flexible ou aux enveloppes profilées — souvent vendues comme des compromis entre sécurité et performance — limite l'accès réel aux segments actions, historiquement plus rémunérateurs à long terme.
- Fonds structurés : souvent construits pour protéger le capital, ils peuvent plafonner la hausse.
- Gestion profilée : orientation défensive pour certains profils, qui réduit l'exposition actions.
- Gestion flexible : variable selon la marge de manœuvre du gérant, mais ici faiblement rémunératrice en moyenne.
Conséquences pour l'épargnant et démarches recommandées
Le message du baromètre est opérationnel : vérifier la composition des unités de compte dans son contrat d'assurance‑vie. Pour un même pourcentage d'UC dans un contrat, la nature des supports choisis (actions vs. structurés/profilés) peut produire des résultats très différents sur la durée. Avant toute décision d'arbitrage ou de versement, il est utile de :
- vérifier la part réelle d'exposition actions des UC proposées ;
- consulter les performances passées des supports, en gardant à l'esprit que celles‑ci ne préjugent pas des résultats futurs ;
- évaluer l'horizon d'investissement et la capacité à accepter la volatilité liée aux actions.
Le baromètre invite enfin à ne pas se contenter du pourcentage global d'UC annoncé par un contrat : mieux vaut regarder de quoi ces UC sont effectivement composées. Pour les épargnants cherchant davantage de rendement, une exposition supérieure aux actions a historiquement rapporté davantage, mais elle suppose d'accepter des fluctuations de court terme.
Au final, l'étude de Good Value for Money remet l'efficacité commerciale des offres d'assurance‑vie au cœur du débat sur l'éducation financière : mettre en balance fiscalité, frais, horizon et composition des supports devient essentiel pour limiter la « perte de chance » pointée par le baromètre.