Hausse attendue des fonds en euros : quels gains réels pour l'épargnant ?
Le baromètre annuel du cabinet Good Value for Money prévoit une hausse moyenne des rendements des fonds en euros servis en 2026, à 2,90% contre 2,65% en 2025. Pour les titulaires d'un contrat d'assurance‑vie, cette perspective renouvelle l'attractivité des supports garantis, déjà mis en lumière par un exercice 2025 jugé « l'un de ses meilleurs taux net d'inflation ».
Rendement brut, prélèvements, et pouvoir d'achat
La traduction pratique de ce chiffre dépend toutefois des prélèvements. Après déduction des prélèvements sociaux (taux généralement retenu dans l'analyse : 17,2%), le taux moyen attendu retomberait autour de 2,40% net des prélèvements sociaux pour 2026. En 2025, la déduction des prélèvements avait fait ressortir un rendement net d'inflation de 1,29% pour l'assurance‑vie en moyenne.
« a servi en 2025 l'un de ses meilleurs taux net d'inflation . »
Comparaison avec le Livret A
Le Livret A, référent de l'épargne liquide et défiscalisée, a servi en 2025 un rendement moyen de 2,16%. Mais son taux a été abaissé à 1,50% au 1er février 2026 et des révisions sont attendues en août, avec des simulations situant le taux annuel moyen possible autour de 1,75% si une remontée provisoire conduit le taux à 1,7% ou 2% selon les échéances. Sur ces bases, l'écart moyen entre fonds en euros et Livret A pourrait atteindre jusqu'à 0,65 point en 2026.
Pourquoi les fonds en euros devraient monter ?
- Les fonds en euros investissent majoritairement en obligations : leur rendement suit la hausse des taux obligataires.
- Le diagnostic du cabinet met en avant la progression des coupons obligataires, qui revalorise les rendements distribuables.
- La composition des fonds (entre 60% et 95% en obligations selon les contrats, avec la dette française représentant un peu moins de 20% des actifs) explique la sensibilité au marché obligataire.
Ce que cela change pour l'épargnant
Concrètement, une hausse moyenne des fonds en euros à 2,90% redonne de l'attrait aux contrats d'assurance‑vie pour des épargnants recherchant un rendement garanti supérieur à celui du Livret A actuel. Mais il s'agit d'une moyenne : selon les contrats, les gammes de fonds en euros resteront hétérogènes. Good Value for Money souligne que certains contrats pourraient afficher des rendements modestes (proches de 1% pour les moins performants en 2026), tandis que d'autres proposeront des rémunérations boostées, parfois supérieures à 5,5%, notamment dans le cadre d'offres promotionnelles des assureurs visant à capter la collecte.
Points de vigilance
Plusieurs éléments incitent à la prudence :
- le chiffre de 2,90% est une moyenne nationale — les rendements effectifs varient fortement selon le dossier de l'assureur et la politique d'allocation ;
- après prélèvements sociaux et en tenant compte de l'inflation, le gain réel pour le pouvoir d'achat peut être beaucoup plus modeste ;
- les offres « boostées » peuvent comporter des conditions (durée, arbitrages, montants plafonds) qui limitent l'effet pour l'épargnant.
| Produit | Rendement moyen 2025 | Projection 2026 (moyenne) |
|---|---|---|
| Fonds en euros (assurance‑vie) | 2,65% | 2,90% (≈ 2,40% après prélèvements sociaux) |
| Livret A | 2,16% | 1,50% au 01/02/2026; possible moyenne annuelle ≈ 1,75% |
Conséquences pour le marché
Si la tendance se confirme, les fonds en euros pourraient capter davantage d'épargne nette, réduisant la tentation de basculer vers des placements risqués pour un rendement marginalement supérieur. Pour les assureurs, une remontée des rendements facilite la collecte mais nécessite une gestion fine de l'actif‑passif pour maintenir la garantie. Enfin, l'écart entre fonds garantis et livrets réglementés pourrait influencer les arbitrages de ménages encore hésitants entre liquidité immédiate et rendement garanti à long terme.
En toile de fond, la trajectoire des taux et de l'inflation restera le paramètre décisif : un rendement brut plus élevé n'est pleinement utile qu'à condition que, après prélèvements et inflation, l'épargne retrouve un pouvoir d'achat réel positif.