La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) et la plateforme gouvernementale de prévention des risques numériques tirent la sonnette d'alarme : à l'approche des remboursements d'impôt sur le revenu programmés les 24 et 31 juillet, des campagnes d'hameçonnage (phishing) visant à soutirer des données personnelles et bancaires se multiplient par mail, SMS et téléphone.
Qui est concerné et quel est le mode opératoire des fraudeurs ?
Chaque été, au moment où la DGFiP procède aux remboursements des trop-perçus, plusieurs millions de foyers sont susceptibles de recevoir un crédit sur leur compte bancaire ou, à défaut, un chèque adressé au domicile. C'est précisément cette fenêtre temporelle qui est exploitée par des fraudeurs. Selon la plateforme cybermalveillance.gouv.fr, des messages annoncent un prétendu remboursement et invitent les destinataires à cliquer sur un lien ou à communiquer des informations sensibles. L'objectif affiché : « collecter des informations personnelles ou bancaires ».
"Cette période est propice aux campagnes d’hameçonnage usurpant l’identité de l’administration fiscale"
Le mode d'approche décrit dans les signalements est récurrent : réception d'un message — souvent urgent — promettant l'accès immédiat au remboursement, suivi d'une demande de confirmation d'identifiants ou de coordonnées bancaires via un formulaire frauduleux.
Comment reconnaître un message frauduleux et comment se protéger ?
Les autorités rappellent plusieurs règles simples mais essentielles pour éviter de se faire piéger :
- Ne cliquez pas sur les liens présents dans un courriel ou un SMS annonçant un remboursement d'impôt.
- Ne communiquez jamais vos identifiants fiscaux ni vos coordonnées bancaires en réponse à un message ou à un appel non sollicités.
- En cas de doute, contactez directement l'administration fiscale via les canaux officiels (espace particulier sur impots.gouv.fr, numéro de la DGFiP figurant sur les documents officiels).
La DGFiP fournit également des éléments précis permettant d'identifier un remboursement légitime. Si l'administration dispose déjà des coordonnées bancaires du contribuable, le paiement est effectué par virement portant le libellé "REMB IMPOT REVENUS" et apparaîtra comme émis par "DGFIP FINANCES PUBLIQUES". À défaut, un chèque est expédié au domicile et peut être encaissé auprès de l'établissement bancaire.
| Date | Mode de versement | Libellé / expéditeur |
|---|---|---|
| 24 juillet et 31 juillet | Virement ou chèque selon les coordonnées connues | Virement : "REMB IMPOT REVENUS" / émis par "DGFIP FINANCES PUBLIQUES" |
Conséquences et recommandations pratiques
Pour les contribuables, la vigilance est de mise : une démarche proactive consiste à vérifier les informations figurant sur l'avis d'impôt disponible dans l'espace personnel du site impots.gouv.fr et à croiser la date de versement indiquée. Les victimes potentielles doivent signaler immédiatement toute tentative suspecte à la plateforme cybermalveillance.gouv.fr et, le cas échéant, à leur établissement bancaire.
Du point de vue des services fiscaux, la communication publique sur les libellés de virement et les modalités d'envoi des chèques vise à réduire le risque d'usurpation. Mais tant que les procédures de notification par l'administration ne remplacent pas totalement les messages électroniques non sollicités, les fraudeurs disposeront d'occasions pour tenter d'abuser de la confiance des usagers.
En pratique, les contribuables concernés par un remboursement ne doivent ni ouvrir les pièces jointes de courriels suspects ni renseigner de formulaires externes. Si l'on doute de l'authenticité d'un appel téléphonique se faisant passer pour la DGFiP, il faut raccrocher et rappeler en composant les numéros officiels. Ces réflexes simples limitent fortement le risque d'exposition aux fraudes.
La période des remboursements d'impôts est donc, chaque été, à la fois une bonne nouvelle pour des millions de foyers et un moment propice pour les cybercriminels. L'information et la prudence restent les meilleurs remparts.