Les perspectives d'inflation se calment après un tournant géopolitique
Selon l'enquête trimestrielle publiée par la Banque du Canada, les responsables d'entreprises ont révisé à la baisse leurs attentes d'une inflation durablement élevée après la signature d'un accord intérimaire entre les États‑Unis et l'Iran. Ce recul des anticipations intervient alors que la banque centrale et les marchés cherchent des signaux clairs pour décider de l'orientation future de la politique monétaire.
L'étude, conduite en mai et complétée par une enquête de suivi à la mi‑juin, montre que la crainte principale des entreprises était liée aux prix élevés de l'essence, susceptibles d'éroder la demande, les ventes et la croissance. Mais ces préoccupations se sont atténuées après l'accord, d'où une détente notable des prévisions de prix.
« Les attentes en matière d'inflation ont diminué, les prévisions les plus basses du trimestre ayant été enregistrées au cours de la période suivant la signature, à la mi‑juin, de l'accord intérimaire entre les États‑Unis et l'Iran. »
Un indicateur du climat d'affaires qui fléchit mais reste supérieur à l'an dernier
Malgré la baisse de l'inflation attendue, le moral des entreprises a connu un repli : l'indicateur des perspectives des entreprises, qui mesure le jugement sur les conditions économiques actuelles, est tombé à -0,39, marquant son premier recul en trois trimestres. À titre de comparaison, il s'établissait à -2,41 un an auparavant, ce qui montre que le climat reste globalement meilleur qu'il y a douze mois.
| Mesure | Valeur |
|---|---|
| Taux d'intérêt attendu par les marchés | 2,25 % |
| Indicateur des perspectives des entreprises | -0,39 |
| Niveau un an plus tôt | -2,41 |
Croissance et risque de récession : le pessimisme augmente
Autre signal préoccupant : la proportion d'entreprises prévoyant ou budgétisant une récession dans les douze prochains mois est passée de 9 % à 17 %. Ce doublement traduit une montée des incertitudes sur la trajectoire de la demande et de l'activité, même si le recul de l'indicateur global demeure modéré.
- Inflation : les entreprises ont réduit leurs prévisions après le cessez‑le‑feu au Moyen‑Orient.
- Taux : marchés et économistes tablent sur un maintien du taux directeur à 2,25 % au moins jusqu'à la fin de l'année.
- Sentiment : indicateur en repli à -0,39, mais mieux que l'an dernier.
Pour les décideurs de la Banque du Canada, ces résultats offrent un élément d'information clé : une baisse des anticipations d'inflation et une moindre inquiétude sur les prix de l'énergie réduisent la pression pour un resserrement supplémentaire. En revanche, la hausse des entreprises s'attendant à une récession souligne que le risque de ralentissement reste réel et pourrait influer sur les décisions à court terme.
Concrètement, pour les ménages et les entreprises canadiennes, cela signifie que le coût du crédit pourrait demeurer élevé mais stable dans les mois à venir, tandis que l'économie se réajuste aux nouvelles conditions géopolitiques et aux variations des prix de l'énergie. Les prochains relevés et la décision de la banque centrale fourniront davantage d'indications sur la direction que prendra la politique monétaire face à ces signaux croisés.