Résultats et trajectoire
Le groupe laitier Bel a publié pour le premier semestre 2026 un chiffre d'affaires net consolidé de 1,877 milliard d'euros, soit une progression de 4,2 % par rapport à la même période de 2025. En neutralisant les effets liés à l'arrêt de certaines « marques locales non rentables » en France, la croissance ressort à 5,1 %, souligne le communiqué diffusé le 31 juillet 2026.
Volumes, prix du lait et productivité : la recette
Bel explique cette dynamique par une combinaison de hausse des volumes et d'une productivité soutenue. Le groupe avait annoncé fin 2025 l'objectif d'augmenter sa collecte à 440 millions de litres en 2026, soit +9 millions de litres par rapport à l'année précédente. Selon Bel, cette stratégie de développement par les volumes permet d'absorber les tensions inflationnistes liées au contexte géopolitique.
- Performances des marques cœur : les principales marques progressent de 6,4 % en chiffre d'affaires et de 5,4 % en volume (Babybel, Kiri, Boursin, GoGo squeeZ…)
- Géographie : la croissance est constatée dans toutes les zones : Europe, Moyen-Orient, Asie et Amérique du Nord
- Politique produit : arrêt de marques considérées non rentables (ex. la gamme végétale Nurishh), pour libérer des capacités de production
Prix du lait et relations avec les producteurs
Sur le front des prix, Bel figure en haut des indices des laiteries : le groupe a signé un accord avec l'Association des producteurs Bel de l'Ouest (APBO) qui fixe le prix du lait à 500 €/1 000 litres en conventionnel et à 570 €/1 000 litres pour le bio en 2026. Ces niveaux renvoient à une volonté de sécuriser la filière d'approvisionnement dans un contexte où les coûts restent sous pression.
Investissements industriels
Le groupe renforce ses capacités de production : mise en service d'une nouvelle ligne Mini Babybel à Sablé-sur-Sarthe, extension de l'usine de Brookings aux États-Unis, et développement d'unités en Chine et au Vietnam. La libération d'outil liée à l'arrêt de certaines marques a été explicitement conçue pour augmenter la capacité consacrée aux produits en forte croissance.
« Grâce à la puissance de nos marques cœur, à notre ancrage multi-local et aux investissements engagés ces dernières années dans notre outil industriel, nous poursuivons une croissance solide »
Conséquences pour la filière et les consommateurs
La stratégie de Bel illustre deux logiques complémentaires : sécuriser la rémunération des producteurs via des prix du lait soutenus et stimuler la croissance par l'augmentation des volumes et des investissements industriels. Pour les consommateurs, cela peut se traduire par une meilleure disponibilité des produits phares et, à moyen terme, par une pression limitée sur les prix de détail si les gains de productivité compensent les coûts d'achat des matières premières. Pour la filière laitière française, l'accord de prix et la collecte visée constituent des signaux favorables quant à la stabilité des débouchés.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d'affaires S1 2026 | 1,877 Md€ |
| Croissance vs S1 2025 | +4,2 % (ou +5,1 % hors marques locales arrêtées) |
| Collecte visée 2026 | 440 millions de litres (soit +9 M) |
| Prix du lait 2026 (conventionnel) | 500 €/1 000 L |
| Prix du lait 2026 (bio) | 570 €/1 000 L |
Au-delà des bons chiffres semestriels, la trajectoire de Bel montre combien les acteurs industriels peuvent jouer simultanément sur l'axe prix‑producteurs, la montée en volumes et la réallocation d'outil pour maintenir la croissance dans un environnement inflationniste. Reste à observer si ces leviers suffiront à préserver marges et compétitivité si les pressions sur les coûts persistent.