Emploi

Expulser les chômeurs étrangers après un an : la proposition d’Éric Zemmour et ses implications

Sur BFMTV, Éric Zemmour a annoncé vouloir renvoyer « les chômeurs étrangers de longue durée » après un an de chômage, même s’ils résident légalement. Derrière cette promesse, questions juridiques et conséquences pour le marché du travail restent largement ouvertes.

Expulser les chômeurs étrangers après un an : la proposition d’Éric Zemmour et ses implications
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Une mesure tranchée au cœur du débat sur l’immigration et l’emploi

Sur le plateau de BFMTV le 17 septembre 2026, Éric Zemmour a exposé une proposition qui vise à lier de façon explicite immigration, protection sociale et marché du travail : expulser « les chômeurs étrangers de longue durée » dès qu’ils atteindraient un an de chômage, y compris lorsqu’ils séjournent régulièrement en France.

« Un étranger ne doit pas peser sur les finances publiques. »

Le dirigeant de Reconquête présente cette mesure comme un moyen de « soulager les finances publiques » et de « réserver les emplois aux nationaux ». Il a assorti sa proposition d’un rattachement à sa stratégie de « remigration » et confirmé sa candidature à la présidentielle 2027.

Définitions et précédents : un glissement par rapport au programme de 2022

En statistique, on parle de chômeur de longue durée pour une personne en recherche d’emploi depuis plus d’un an. Le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et le droit d’asile ne distinguent toutefois pas juridiquement les demandeurs d’emploi des autres résidents, ce qui pose une première interrogation sur la faisabilité administrative d’une telle règle.

La proposition reprend et élargit une logique déjà présente dans le programme 2022 — à l’époque, l’idée était qu’un étranger venu travailler reparte au bout de six mois sans emploi. Ici, le seuil passe à un an et la catégorie visée est plus large, intégrant selon Zemmour des profils mêlant détenus, personnes en situation irrégulière et bénéficiaires d’aides sociales.

Conséquences pratiques et points de blocage juridique

  • Applicabilité du droit : rien dans le droit actuel ne prévoit une expulsion automatique liée à la durée du chômage pour les étrangers en situation régulière.
  • Contrôle et mise en œuvre : identifier, contrôler et notifier des personnes en fonction de leur statut d’emploi impliquerait une coordination entre Pôle emploi, la préfecture et l’administration pénitentiaire, sans cadre légal clair.
  • Impact sur les entreprises : la crainte d’une expulsion peut dissuader les employeurs d’embaucher des ressortissants étrangers jugés « à risque » ou compliquer les relations de travail sur des postes déjà en tension.

Un discours à portée électorale

Le choix de rendre cette mesure visible à la télévision d’information s’inscrit dans une stratégie politique et électorale : elle cristallise des positions sur l’immigration et la dépense publique. Un décryptage politique rappelle que cette approche s’inscrit dans une « doctrine d’immigration négative » soutenue, selon un sondage cité, par 83% des personnes interrogées.

Ce que cela changerait pour les intéressés

Pour les salariés et demandeurs d’emploi concernés, la proposition, si elle devait être traduite en texte, ferait peser une incertitude forte sur la durée d’un séjour et la sécurité sociale liée au statut de résident. Pour les employeurs, la mesure pourrait modifier les comportements de recrutement et augmenter la précarité d’une partie de la main-d’œuvre étrangère déjà présente.

Élément Situation évoquée
Seuil proposé (2026) 1 an de chômage
Proposition antérieure (2022) 6 mois sans emploi
Soutien public cité 83% selon un sondage CSA mentionné

Questions ouvertes

Au-delà de l’effet d’annonce, la proposition bute sur des obstacles juridiques et administratifs évidents : transformer une promesse en loi exigerait la réécriture du droit des étrangers, des garanties procédurales et probablement des recours devant les juridictions européennes et nationales. Reste à savoir si cette proposition servira d’axe programmatique central ou restera une ligne politique destinée à mobiliser une partie de l’électorat.

Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

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