Un recul significatif mais des loyers encore très hauts
Les loyers demandés en Colombie-Britannique ont diminué de 4,5 % en juillet par rapport à l'année précédente, d'après le rapport conjoint de Rentals.ca et Urbanation. Cette baisse se situe parmi les plus importantes observées au Canada cet été, mais elle ne suffit pas à rapprocher la province du reste du pays : les loyers y restent, de loin, les plus élevés.
Le coût moyen d'un logement, toutes catégories confondues, est désormais de 2 384 $ par mois en Colombie-Britannique. À l'échelle municipale, c'est North Vancouver qui détient le loyer moyen le plus élevé du pays à 3 039 $ mensuels, suivie par Vancouver à 2 686 $.
Variations selon le type de logement
Les loyers des appartements et des condos destinés à la location à Vancouver affichent une baisse comparable : 2 677 $ en moyenne, soit une diminution annuelle de 4,5 %. Le rapport souligne que ce niveau reste nettement inférieur au pic atteint en août 2023, où les loyers étaient près de 20 % plus élevés pour ce segment.
- Province — loyer moyen : 2 384 $
- North Vancouver — loyer moyen : 3 039 $
- Vancouver — loyer moyen : 2 686 $
- Appartements/condos locatifs à Vancouver — loyer moyen : 2 677 $
Ce que disent les acteurs politiques et économiques
La ministre provinciale du Logement a attribué une partie de ce recul aux mesures adoptées par son gouvernement, citant des actions pour décourager la spéculation, lutter contre les propriétés vacantes et réguler les locations de courte durée, ainsi que l'ouverture à davantage de densité et des investissements dans le logement non lucratif.
« Cela montre que de bonnes politiques peuvent faire la différence », a déclaré la ministre Christine Boyle.
Elle a aussi rappelé l'existence d'efforts pour développer des coopératives et des logements hors marché, tout en reconnaissant que « les loyers demeurent élevés et nous avons encore beaucoup de travail à faire » et que « il faut que chacun fasse sa part ».
Du côté des économistes, le rapport suscite des lectures nuancées. Brendon Ogmundson, économiste en chef de l'Association immobilière de la Colombie-Britannique, tempère l'impact exclusif des politiques publiques sur la baisse des loyers, indiquant que plusieurs facteurs interviennent simultanément sur l'évolution des loyers demandés. Le signal conjoncturel — recul après des niveaux records — coexiste avec une structure de marché qui maintient des prix élevés dans les zones métropolitaines.
Conséquences et perspectives
Concrètement, pour un ménage locataire, la baisse moyenne de 4,5 % se traduit par quelques dizaines à quelques centaines de dollars d'économies par mois selon la ville et le type de logement. Mais à 3 039 $ à North Vancouver ou près de 2 700 $ à Vancouver, le reste-à-vivre après loyers reste contraignant pour de nombreuses familles et travailleurs urbains.
Le rapport montre aussi que les politiques d'offre (densification, constructions hors marché) et les mesures ciblées (contre la vacance ou les locations touristiques) peuvent peser sur la formation des loyers, sans toutefois garantir un retour rapide à des niveaux abordables. Les marchés locatifs urbains, soutenus par des niveaux de demande et des contraintes foncières, resteront sensibles à l'évolution des taux d'intérêt, à la dynamique migratoire et à la disponibilité de nouveaux logements.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Baisse annuelle des loyers (Col.-B.) | 4,5 % |
| Loyer moyen provincial | 2 384 $ |
| North Vancouver | 3 039 $ |
| Vancouver (moyenne) | 2 686 $ |
La lecture nationale — et pour les investisseurs ou décideurs internationaux — est double : la baisse constitue un signe d'assouplissement après des records récents, mais la Colombie-Britannique demeure un marché coûteux, où les tensions structurelles exigent des réponses de long terme plutôt que des mesures ponctuelles.