Un recul annuel toujours présent, mais des hausses mensuelles qui changent la dynamique
Le loyer moyen demandé au Canada s'établissait à 2 037 $ en juillet, soit une baisse de 4 % par rapport à l'année précédente, selon la dernière note de Rentals.ca et Urbanation. Après 22 mois consécutifs de baisses annuelles, le marché commence toutefois à montrer des signes d'inflexion : les loyers ont progressé de 0,2 % par rapport à juin, marquant le quatrième mois consécutif de hausse mensuelle.
Sur deux ans, la contraction atteint 7,5 %, mais il s'agit de la baisse annuelle la plus modérée depuis février. Ce profil — baisses annuelles persistantes mais ajustements mensuels positifs — reflète une dynamique saisonnière classique à l'approche de la rentrée scolaire, avec un volume de demandes qui remonte à mesure que l'offre se resserre.
"Le marché locatif canadien montre des signes de stabilisation, mais ne se redresse pas encore"
Cette observation, formulée par Shaun Hildebrand, président d'Urbanation, synthétise la position des analystes : le marché n'est pas encore sorti durablement de la période de correction, mais certaines grandes agglomérations amorcent un redressement.
Des contrastes marqués entre métropoles
Les disparités régionales restent prononcées : Montréal voit le loyer moyen baisser de 1,6 % sur un an pour atteindre 1 940 $, tandis que Toronto enregistre une hausse mensuelle de 1,6 % (à 2 577 $) et une baisse annuelle limitée à 0,6 % — la plus faible parmi les grands marchés étudiés. Vancouver demeure la ville la plus chère avec un loyer moyen demandé de 2 677 $, en recul de 4,5 % sur un an et de 1,4 % par rapport à juin.
| Marché | Loyer moyen demandé | Évolution annuelle | Évolution mensuelle |
|---|---|---|---|
| Canada (moyenne) | 2 037 $ | -4 % | +0,2 % |
| Montréal | 1 940 $ | -1,6 % | — |
| Toronto | 2 577 $ | -0,6 % | +1,6 % |
| Vancouver | 2 677 $ | -4,5 % | -1,4 % |
Conséquences pour locataires, propriétaires et investisseurs
- Pour les locataires : la légère remontée mensuelle peut signifier une concurrence accrue à la rentrée, donc des délais d'installation plus courts et des marges de négociation réduites.
- Pour les propriétaires : la stabilisation offre un signal positif pour relancer des projets locatifs, mais la baisse annuelle reste un frein à la mise en marché agressive.
- Pour les investisseurs et promoteurs : Toronto illustre un point d'intérêt notable — l'offre de copropriétés neuves diminue, ce qui resserre le marché et freine la chute des loyers.
Au total, les chiffres dessinent un marché locatif canadien en transition : la correction introduite ces deux dernières années perd en intensité, mais l'équilibre durable entre offre et demande n'est pas encore retrouvé. Dans les prochains mois, l'évolution dépendra de la cadence des mises en chantier, des transferts de propriété et de la demande étudiante et de travailleurs saisonniers à l'approche de l'automne.