Un recul régulier des loyers qui dure
Le marché locatif canadien poursuit son désinflation : le loyer moyen demandé pour le mois de juin a été publié à 2 033 $, soit une baisse de 4,3 % par rapport à juin 2025. Ce repli marque le 21e mois consécutif de baisse annuelle, et correspond au niveau le plus bas relevé pour un mois de juin depuis quatre ans.
Des baisses différenciées selon le type de logement
En détaillant l’offre, l’étude distingue plusieurs segments :
- les appartements construits pour la location (« purpose-built ») affichent un loyer moyen de 2 034 $, en recul de 3,1 % sur un an ;
- les appartements en copropriété voient leur loyer moyen tomber à 2 058 $, soit une baisse annuelle de 6,8 % ;
- les logements du marché secondaire (maisons, maisons de ville) accusent la plus forte diminution, à 2 017 $, en retrait de 7,4 % sur un an.
Léger rebond mensuel et tendance pluriannuelle
Si l’évolution mensuelle montre un quasi‑statu quo — une légère hausse de 0,2 % par rapport à mai — la photographie sur deux ans reste nette : les loyers demandés ont diminué de 6,9 % depuis juin 2024. Autrement dit, le mouvement est structurellement orienté à la baisse, même si des fluctuations mois à mois subsistent.
Variations provinciales : la Colombie‑Britannique et l’Ontario en tête des reculs
Au plan provincial, la baisse est loin d’être uniforme. La Colombie‑Britannique et l’Ontario enregistrent chacune la plus forte diminution annuelle, à hauteur de 5,3 %. Les loyers moyens demandés y ressortent à 2 377 $ et 2 233 $ respectivement.
| Segment | Loyer moyen (juin) | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Ensemble | 2 033 $ | -4,3 % |
| Appartements purpose‑built | 2 034 $ | -3,1 % |
| Copropriétés | 2 058 $ | -6,8 % |
| Maisons / townhouses (marché secondaire) | 2 017 $ | -7,4 % |
Accessibilité toujours au premier rang des préoccupations
Malgré ces baisses, l’étude rapporte qu’une large majorité des locataires interrogés continue de citer l’inabordabilité comme le principal frein dans leur recherche : environ 70 % l’identifient comme le problème majeur. Viennent ensuite des problèmes de qualité ou d’adéquation des annonces (11 %) et une offre perçue comme insuffisante (6 %).
Concrètement, pour un candidat locataire, une baisse moyenne de l’ordre de quelques dizaines de dollars sur un loyer mensuel reste significative : sur une année, une réduction de 4 % sur un loyer de 2 000 $ représente près de 80 $ économisés par mois, soit presque 1 000 $ par an — une marge d'amélioration de l'accessibilité mais pas encore une résolution des tensions structurelles.
Pour les observateurs et investisseurs européens, ces chiffres constituent un indicateur utile : ils traduisent l'ajustement d'un marché urbain soumis à la fois à un resserrement du coût du crédit, à l'évolution de la demande post‑pandémie et à des arbitrages entre marché locatif et marché de l'achat. Les prochaines publications trimestrielles permettront de confirmer si la tendance se poursuit ou si un palier se profile.