Un marché qui résiste — surtout les appartements
Au premier semestre 2026, le marché résidentiel belge montre une légère progression du nombre de transactions, selon le Baromètre immobilier publié par la Fédération du Notariat (Fednot). Sur l’ensemble du pays, le volume de ventes au second trimestre progresse de 1,5 % par rapport à la même période de 2025, une performance qui masque toutefois des dynamiques différentes selon les types de biens et les régions.
Appartements en tête, maisons en stagnation
La hausse est portée principalement par les appartements : les ventes d’appartements augmentent de 4,8 %, tandis que celles des maisons restent quasiment stables (+0,3 %). Cette dissociation est perceptible en Wallonie et à Bruxelles où l’appartement ou la maison jouent des rôles contrastés dans la reprise locale.
| Catégorie | Évolution T2 2026 / T2 2025 |
|---|---|
| Total national | +1,5 % |
| Appartements | +4,8 % |
| Maisons | +0,3 % |
Des contrastes régionaux marqués
La progression n’est pas homogène : en Wallonie, la hausse de 1,2 % tient exclusivement aux appartements qui bondissent de 10 %, tandis que les maisons restent stables (-0,2 %). À Bruxelles, l’activité globale gagne 1,6 % ; les ventes de maisons enregistrent une forte hausse (+9,1 %) pendant que les appartements reculent légèrement (-1,3 %).
- Luxembourg (province) : +8,9 % d’activité
- Liège : +3,2 %
- Namur : +1,4 %
- Hainaut : -1,6 %
- Brabant wallon : -0,9 %
Les jeunes acheteurs restent actifs
Une donnée structurante : les acquéreurs de 30 ans et moins figurent parmi les plus présents sur le marché du second trimestre. Leur part dans les achats d’appartements à Bruxelles passe de 20 % au premier trimestre à 22 % au second ; en Wallonie elle progresse de 20 % à 23 %. Pour les maisons, la part des moins de 30 ans reste stable à Bruxelles (11 %) et augmente légèrement en Wallonie (de 27 % à 28 %).
« Malgré la hausse des taux d’intérêt et une conjoncture difficile, le marché immobilier reste relativement dynamique »,
analyse le notaire Renaud Grégoire, porte-parole de notaire.be. Cette observation souligne la capacité des ménages, malgré un coût du crédit plus élevé, à concrétiser des projets lorsque l’offre et les attentes locales correspondent.
Conséquences et points d’attention pour les acteurs
Sur un plan opérationnel, la situation implique plusieurs conséquences concrètes pour les acheteurs et les professionnels :
- Pour les primo-accédants et jeunes acheteurs : opportunités sur le segment des appartements, surtout en zones urbaines où leur part s’accroît — à traduire en mensualités réalistes et en durées d’emprunt adaptées au pouvoir d’achat.
- Pour les vendeurs de maisons : un marché plus terne, nécessitant éventuellement des ajustements de prix ou de délai de mise en marché.
- Pour les décideurs et investisseurs : suivre les disparités provinciales (Luxembourg en tête) pour calibrer les opérations et anticiper les risques de surchauffe locale ou d’ajustement de prix.
En synthèse, malgré un contexte macroéconomique moins favorable, le marché belge conserve une dynamique modeste mais tangible, portée par l’intérêt des ménages pour l’appartement et par des comportements d’achat générationnels distincts. Pour les acteurs français observant les marchés voisins, ces signaux confirment que la hausse des taux n’entraîne pas mécaniquement un effondrement des transactions si la demande structurelle et l’offre locale restent équilibrées.