Le recul du marché du travail se matérialise par une remontée du chômage
Les dernières données publiées par l'Institut national de la statistique et des études économiques montrent une détérioration notable du marché du travail : le taux de chômage a augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre 2026 pour atteindre 8,3 % de la population active. En valeur absolue, cela correspond à 62 000 personnes supplémentaires au sens du Bureau international du travail, soit 2,677 millions de chômeurs en France.
La dégradation touche l’ensemble des générations
La hausse du chômage n’est pas circonscrite à une tranche d’âge : elle affecte les jeunes, les actifs en âge de travailler et les seniors. Le phénomène est particulièrement sensible chez les 15-24 ans, mais se manifeste également chez les 25-49 ans et les plus de 50 ans.
- 15-24 ans : taux de chômage en hausse de 0,4 point, à 21,6 %;
- 25-49 ans : +0,2 point, à 7,5 %;
- 50 ans et plus : +0,3 point, à 5,5 %, niveau le plus élevé depuis début 2022.
Un recul du taux d’emploi et une activité stable mais sous tension
Parallèlement, l'Insee observe une baisse du taux d’emploi des 15-64 ans de 0,3 point, qui s’établit à 69,1 %. Le taux d’activité recule légèrement de 0,1 point, à 75,4 %, restant toutefois proche de ses niveaux historiquement élevés. Ces signaux montrent que si une part de la population active reste présente sur le marché, l’emploi créé ne suffit pas à absorber les entrants et les personnes en sortie d’emploi.
Chômage de longue durée et dynamique des bénéficiaires du RSA
L’autre signe préoccupant est la progression du chômage de longue durée, un indicateur dont la hausse pèse particulièrement sur la trajectoire de reprise et sur les parcours d'insertion. L’Insee souligne que, depuis la fin de 2024, la montée du taux de chômage cumulée est portée pour une large part par les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et par les jeunes inscrits à France Travail, qui représentent ensemble près de la moitié de cette hausse.
Ce que cela change pour les actifs, les demandeurs d’emploi et les employeurs
Concrètement, ces évolutions modifient les trajectoires professionnelles et les politiques de recrutement :
- pour les jeunes, la hausse du chômage renforce la nécessité d’actions ciblées en insertion et formation ;
- pour les seniors, l’augmentation interroge sur l’adaptation des postes et la prévention de l’exclusion durable du marché du travail ;
- pour les entreprises, la hausse du chômage ne signifie pas forcément une facilité accrue de recrutement : mismatch des compétences et montée du chômage de longue durée compliquent les réponses aux besoins de recrutement.
Tableau récapitulatif des principaux indicateurs (T2 2026)
| Indicateur | Valeur | Évolution trimestrielle |
|---|---|---|
| Taux de chômage (population active) | 8,3 % | + 0,2 point |
| Nombre de chômeurs (BIT) | 2,677 millions | + 62 000 |
| Taux d’emploi (15-64 ans) | 69,1 % | - 0,3 point |
| Taux d’activité | 75,4 % | - 0,1 point |
Les chiffres publiés par l'Insee dessinent un paysage où la reprise de l’emploi marque le pas. À court terme, les pouvoirs publics et les acteurs de l’emploi devront intensifier les mesures d’accompagnement et de formation pour limiter la progression du chômage de longue durée et faciliter l’insertion des jeunes et des bénéficiaires du RSA. Pour les entreprises, la priorité reste l’adaptation des recrutements aux compétences disponibles et la formation en emploi.