Un recul du marché du travail confirmé par l'Insee
Les statistiques publiées vendredi par l'Insee montrent que le taux de chômage en France a atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Sur le seul trimestre, le nombre de personnes sans emploi et en recherche active s'élève à 2,7 millions, soit 62 000 individus supplémentaires.
Qui perd du travail ?
La dégradation touche toutes les classes d'âge :
- 15-24 ans : le taux de chômage augmente de 0,4 point et atteint 21,6 %;
- 25-49 ans : +0,2 point, à 7,5 %, un niveau inédit depuis le premier trimestre 2021;
- 50 ans et plus : +0,3 point, à 5,5 %, record depuis début 2022.
| Période | Taux de chômage | Variation trimestrielle |
|---|---|---|
| T2 2026 | 8,3 % | +0,2 pt |
| Nombre de chômeurs (BIT) | 2,7 M | +62 000 |
Le halo du chômage et la lecture étendue des chiffres
Au-delà des chômeurs au sens du Bureau international du travail, l'Insee rappelle l'existence d'un « halo autour du chômage » : 1,9 million de personnes souhaitent travailler mais ne sont pas comptées comme chômeurs car elles ne sont pas activement en recherche ou pas immédiatement disponibles. L'institut note que ce stock est quasi stable sur le trimestre (+6 000).
« Le chômage demeure nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-2,2 points). »
Ce que ces chiffres changent pour les acteurs du marché du travail
Pour les demandeurs d'emploi, la hausse traduit une plus grande difficulté à retrouver un poste, y compris pour les profils seniors et les jeunes. Pour les employeurs, elle peut signaler une moindre tension sur le marché du travail, qui pèse sur la capacité à répercuter les hausses de salaires ou à remplir des postes qualifiés. Enfin, pour les pouvoirs publics et les acteurs des politiques de l'emploi, la combinaison d'une hausse des inscrits en catégorie A (selon la Dares : 3,323 M) et d'un halo important pose la question de l'efficacité des dispositifs d'activation et de formation.
Conséquences et enjeux
Cette remontée, la plus marquée depuis l'automne 2020, interroge la trajectoire conjoncturelle : est-elle temporaire, liée à des ajustements post-cycliques, ou le début d'une tendance plus durable liée au ralentissement économique ? Les réponses conditionneront les choix des entreprises en matière d'embauche, et la réponse politique — aides ciblées, formation, accompagnement vers l'emploi — devra être calibrée pour éviter la sclérosation de segments entiers du marché du travail.
La lecture fine des prochains trimestres sera cruciale : il faudra suivre l'évolution du nombre de demandeurs inscrits à France Travail, la dynamique des créations d'emplois dans les secteurs porteurs et l'efficacité des dispositifs d'employabilité pour limiter l'enracinement du chômage.