Les investisseurs attendent le CPI de juillet, potentiel déclencheur de volatilité
Le marché actions américain, tiré par les valeurs technologiques et les semi‑conducteurs, a retrouvé des couleurs après un repli, mais il reste suspendu à une donnée : l'indice des prix à la consommation (CPI) de juillet, dont la publication est prévue ce mercredi. Selon les intervenants, ce nouveau chiffre pourrait renforcer les arguments en faveur d'un relèvement des taux par la Réserve fédérale si l'inflation surprend à la hausse.
Sur une séquence de quatre séances achevée mardi, le S&P 500 a progressé de 5,75 %, sa plus forte poussée sur quatre jours depuis avril 2025. Ce mouvement a permis à l'indice de porter ses gains depuis le début de l'année à plus de 12 % en date de jeudi, signe d'un regain d'appétit pour le risque après des semaines de prise de bénéfices.
« Le marché souffre d'une anxiété liée à l'inflation », a déclaré Matthew Miskin, co‑stratégiste en chef de l'investissement chez Manulife John Hancock Investments.
Qu'est‑ce qui a soutenu le rallye ?
Trois facteurs ont été mis en avant par les professionnels :
- le redressement des valeurs technologiques et des semi‑conducteurs après des épisodes de fortes corrections ;
- des publications de résultats d'entreprises globalement supérieures aux attentes pour le deuxième trimestre ;
- un contexte géopolitique momentanément apaisé entre les États‑Unis et l'Iran, ayant contribué à une baisse des prix du pétrole et atténué certaines pressions inflationnistes.
Pour Matt Orton, stratégiste en chef du marché chez Raymond James Investment Management, la reprise récente s'explique en partie par un recalibrage des positions des investisseurs : « nous avons vu ces excès se résorber », a‑t‑il noté, après une correction jugée liée à un surpositionnement et à des attentes trop élevées.
Pourquoi le CPI est si important maintenant ?
La Fed a déclaré fin juillet une division interne sur la suite de sa politique monétaire, et les prochaines données d'inflation serviront de test concret. Un CPI plus chaud que prévu renforcerait la persistance inflationniste, augmentant la probabilité de hausses supplémentaires des taux. À l'inverse, un chiffre plus bas offrirait un répit aux marchés et pourrait alléger la pression sur les rendements obligataires.
| Indicateur | Donnée citée |
|---|---|
| Gain sur 4 séances | +5,75 % |
| Performance depuis le début d'année (à jeudi) | >12 % |
| Publication attendue | CPI de juillet — mercredi |
Pour les acteurs français et européens, l'enjeu est double : d'une part, la hausse des taux américains alourdit le coût du financement et peut peser sur la valorisation des actions mondiales ; d'autre part, toute trajectoire plus restrictive de la Fed peut renforcer le dollar et accentuer des tensions sur les prix des matières premières ou les flux de capitaux.
En somme, les marchés américaines montrent des signes de résilience — portés par des résultats d'entreprises et un redressement sectoriel — mais restent vulnérables à la confirmation ou à l'infirmation d'une reprise inflationniste par le prochain rapport du CPI.