Économie

Le chômage remonte à 8,3 % : le marché du travail français marque un net recul

L'Insee annonce une hausse du taux de chômage à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, le niveau le plus élevé depuis l'automne 2020. Les jeunes et les 25-49 ans sont particulièrement touchés ; la réforme du plein-emploi et l’intégration de Mayotte pèsent sur les statistiques.

Le chômage remonte à 8,3 % : le marché du travail français marque un net recul
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Un recul sensible du marché du travail

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) fait état d'une hausse du taux de chômage en France au deuxième trimestre 2026 : il atteint 8,3 %, soit une progression de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. En valeur absolue, le nombre de personnes sans emploi et en recherche active augmente de 62 000 pour s'établir à 2,7 millions.

Ce niveau est le plus élevé depuis l'automne 2020, période marquée par la crise sanitaire, et revient également à un palier observé avant la pandémie (automne 2019). L'Insee précise toutefois que ce niveau reste inférieur au pic observé à la mi-2015.

Des hausses marquées selon les âges

La dégradation n'est pas homogène : les catégories d'âge les plus jeunes et les actifs en milieu de carrière enregistrent des hausses plus prononcées. Les variations mises en lumière par l'Insee :

  • 15-24 ans : taux de chômage à 21,6 %, en hausse de 0,4 point ;
  • 25-49 ans : taux à 7,5 %, + 0,2 point, niveau le plus élevé depuis le 1er trimestre 2021 ;
  • 50 ans et plus : taux à 5,5 %, + 0,3 point, plus haut depuis le 1er trimestre 2022.
CatégorieTauxVariation (t/t-1)
15-24 ans21,6 %+0,4 pt
25-49 ans7,5 %+0,2 pt
50 ans et +5,5 %+0,3 pt

Rôle de la réforme et ajustement statistique

L'Insee attire l'attention sur deux facteurs qui influencent les niveaux et les évolutions : l'extension du champ statistique à Mayotte, dont l'intégration « modifie à la marge les niveaux des principaux indicateurs », et la mise en œuvre, depuis janvier 2025, de la loi pour le plein-emploi.

« Les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage »

Cette disposition administrative entraîne l'inscription automatique sur les listes des demandeurs d'emploi de certains publics (bénéficiaires du RSA, jeunes), ce qui augmente mécaniquement le volume des chômeurs recensés. L'Insee précise toutefois que même en neutralisant cet effet lié à la réforme, la trajectoire du chômage resterait dégradée par rapport aux trimestres récents.

Conséquences économiques et politiques

Sur le plan politique, la remontée du chômage rend plus difficile l'objectif affiché par le président de la République de ramener le taux à 5 % d'ici la fin du second mandat en 2027. Socialement, la hausse importante chez les jeunes pose des questions sur l'insertion, la précarité et l'adéquation formation-emploi. Enfin, l'augmentation du nombre de chômeurs peut peser sur la consommation et sur les comptes publics via des dépenses de soutien et d'indemnisation.

Un indicateur à suivre

Avec 2,7 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail, la trajectoire du marché du travail restera un indicateur clé des prochains trimestres. Les prochains bulletins de l'Insee permettront de préciser si cette hausse est conjoncturelle ou le signe d'un retournement plus durable.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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