Économie

Le chômage remonte à 8,3 % au 2e trimestre, son niveau le plus élevé depuis 2020

Selon l'Insee, le taux de chômage en France augmente de 0,2 point au deuxième trimestre pour s'établir à 8,3 %, avec 2,7 millions de demandeurs d'emploi ; la hausse touche toutes les tranches d'âge et est amplifiée par des changements administratifs depuis 2025.

Le chômage remonte à 8,3 % au 2e trimestre, son niveau le plus élevé depuis 2020
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Un rebond du chômage généralisé

Le marché du travail français a connu un net recul de son rythme d'amélioration au deuxième trimestre : le taux de chômage est passé à 8,3 %, soit une hausse de 0,2 point en un trimestre, indique l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Cette lecture correspond au plus haut niveau observé depuis l'automne 2020 et, hors période sanitaire, au plus élevé depuis l'automne 2019.

Des chiffres concrets : qui est concerné ?

Au total, 2,7 millions de personnes sont en recherche active d'un emploi, soit +62 000 par rapport au trimestre précédent. L'augmentation n'est pas cantonnée à une catégorie : toutes les tranches d'âge voient leur taux de chômage progresser.

Tranche d'âge Taux de chômage Variation (t/t-1) Repère temporel
15-24 ans 21,6 % +0,4 point Rebond au 2e trimestre
25-49 ans 7,5 % +0,2 point Plus haut depuis début 2021
50 ans et plus 5,5 % +0,3 point Plus haut depuis début 2022

Ce qui explique (en partie) la hausse

L'Insee souligne que plusieurs éléments méthodologiques et conjoncturels modulent l'interprétation de ces chiffres. Depuis l'entrée en vigueur de la loi pour le plein emploi en janvier 2025, des procédures administratives ont été modifiées : l'inscription automatique sur les listes des demandeurs d'emploi a accru la visibilité statistique de certains publics. Selon l'Institut, «

les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage
».

Impact et perspectives

Concrètement, la hausse touche des populations sensibles : le taux élevé chez les jeunes (plus d'un quart est au chômage) pose un risque de décrochage prolongé et de fragilisation des trajectoires professionnelles. Pour les 25-49 ans, la remontée vers 7,5 % signale un ralentissement de la dynamique d'emploi retrouvée après la crise sanitaire. Les seniors voient aussi leur situation se détériorer, ce qui peut peser sur la durée d'activité et les politiques d'emploi ciblé.

  • 2,7 millions de demandeurs d'emploi au sens du BIT ; +62 000 en un trimestre.
  • Tous les âges concernés : hausse chez les 15-24 ans (21,6 %), 25-49 ans (7,5 %) et 50 ans et plus (5,5 %).
  • L'inscription automatique liée à la loi de 2025 explique une partie de la progression statistique.

Si ce niveau reste en-deçà du pic de la mi-2015 (écart de 2,2 points selon l'Insee), il interrompt néanmoins la tendance à la baisse observée ces dernières années. La lecture des prochains trimestres devra distinguer l'effet mécanique des changements administratifs de l'évolution réelle du marché du travail, et mesurer l'efficacité des politiques d'accompagnement ciblées sur les jeunes et les bénéficiaires du RSA.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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