Inflation : la Belgique au-dessus de ses voisins
Au deuxième trimestre 2026, l'inflation en Belgique a atteint 3,8%, selon l'Observatoire des prix du SPF Economie. Ce niveau la place nettement au-dessus de ses principaux voisins : 2,8% aux Pays-Bas, 2,6% en Allemagne et 2,4% en France. La progression récente interrompt un épisode de ralentissement enregistré au premier trimestre.
Quelles composantes expliquent cette hausse ?
Le SPF Economie met en avant trois moteurs principaux de cette hausse : l'énergie, les biens industriels non énergétiques (BINE) et les services. Dans les services, l'augmentation se concentre notamment sur les forfaits touristiques et les transports de passagers, secteurs sensibles aux variations saisonnières et aux coûts opérationnels.
«c’est principalement dans les secteurs des forfaits touristiques et des transports de passagers que l’inflation a augmenté»
Pour les BINE, la hausse est progressive et portée par des catégories précises : habillement, médicaments et produits de santé. Ces composantes reflètent des dynamiques de coûts et de demande propres à chaque segment, moins volatiles que l'énergie mais significatives sur la moyenne annuelle.
Contraste : l'inflation alimentaire ralentit
À l'opposé, l'inflation des produits alimentaires a poursuivi son reflux, pour s'établir à 1,4% au deuxième trimestre 2026. Le SPF Economie attribue principalement ce ralentissement à la baisse des prix des produits laitiers, conséquence d'une surproduction laitière en Belgique et en Europe. La chute des cours de certaines matières premières alimentaires contribue également : entre janvier 2025 et mai 2026, les cours des matières premières pour aliments transformés (hors alcool et tabac) ont diminué en moyenne de 24% par rapport au pic de la période.
Inflation sous-jacente et comparaison régionale
L'inflation sous-jacente — qui exclut l'énergie et les aliments non transformés — est passée de 2,4% au premier trimestre à 2,9% au deuxième trimestre. Elle reste ainsi plus élevée en Belgique qu'en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, soulignant que la dynamique inflationniste ne s'explique pas uniquement par l'énergie ou l'alimentation mais par une hausse plus large des prix domestiques.
Impacts et enseignements
Une inflation plus forte qu'à l'étranger peut peser sur la compétitivité prix d'un pays, compliquer la transmission de la politique monétaire européenne et affecter le pouvoir d'achat des ménages. En Belgique, la montée des prix des services touristiques et des transports renvoie aussi à une reprise de la demande post-pandémique et à des facteurs sectoriels spécifiques. Le ralentissement alimentaire offre toutefois un amortisseur, surtout pour les ménages modestes, car l'alimentation pèse fortement dans leur panier de consommation.
- 3,8% : taux d'inflation en Belgique au T2 2026.
- 1,4% : inflation alimentaire en Belgique au même trimestre, en recul significatif.
- 2,9% : inflation sous-jacente au T2 2026, en hausse par rapport au T1.
| Pays | Taux d'inflation (T2 2026) |
|---|---|
| Belgique | 3,8% |
| Pays-Bas | 2,8% |
| Allemagne | 2,6% |
| France | 2,4% |
Sur le plan pratique, la trajectoire à venir dépendra de l'évolution des prix de l'énergie, de la demande touristique et des pressions sur les segments de biens non énergétiques. Les décideurs publics et les responsables d'entreprise suivront de près l'inflation sous-jacente : c'est elle qui indique si les tensions se diffusent durablement dans l'économie ou si elles restent concentrées sur des postes volatils.