Ce qui change
À partir du 1er septembre 2026, le mode de calcul du salaire de référence utilisé pour la pension de base évolue pour les parents ayant des droits en lien avec leurs enfants. Jusqu’ici, le régime général retenait les 25 meilleures années de revenus pour établir le salaire annuel moyen. Dorénavant, pour les assurés bénéficiant de majorations ou bonifications liées aux enfants, l’Assurance retraite prendra en compte :
- 24 années pour un parent ayant acquis des trimestres au titre d’un seul enfant ;
- 23 années pour un parent ayant au moins deux enfants.
Pourquoi cette modification ?
Le principe est simple : en écartant davantage les années les plus basses, la moyenne des revenus retenus tend à augmenter. L’exécutif présente cette mesure comme un levier pour réduire l’écart de pension entre femmes et hommes. Selon la Drees, les femmes touchent aujourd’hui une pension en moyenne environ 38 % inférieure à celle des hommes ; le gouvernement affirme que le nouveau calcul doit "améliorer le montant de la pension pour plus d'une femme sur deux".
"améliorer le montant de la pension pour plus d'une femme sur deux"
Qui est concerné ?
La mesure s’adresse aux assurés qui bénéficient déjà de majorations ou de bonifications de durée d’assurance pour enfant. Concrètement, cela concerne principalement des mères de famille, mais aussi certains pères. Les régimes visés comprennent :
- le régime général ;
- les régimes agricoles ;
- le régime des clercs et employés de notaires ;
- le régime applicable à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Ce que la réforme ne fait pas
Il est important de souligner deux limites claires :
- la mesure s’applique uniquement aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 ;
- il n’y aura pas de recalcul rétroactif des pensions déjà servies avant cette date.
Effets attendus et points à surveiller
En pratique, la hausse du montant de la pension ne sera ni automatique ni identique pour toutes les personnes concernées. L’ampleur du gain dépendra directement des profils de carrière : nombre d’années travaillées, amplitude des revenus annuels, et des années prises en compte dans la nouvelle moyenne. Pour certains parents ayant eu des interruptions ou des baisses de revenus lors des années de naissance et d’éducation des enfants, écarter une ou deux années faibles peut entraîner un gain notable sur la pension de base. Pour d’autres, l’effet sera marginal.
| Situation | Années retenues |
|---|---|
| Pas de droits liés aux enfants | 25 années (règle actuelle) |
| 1 enfant avec trimestres acquis | 24 années |
| Au moins 2 enfants | 23 années |
Pour les intéressés, il sera utile de demander une simulation personnalisée auprès de l’Assurance retraite ou du service de retraite compétent selon le régime. Cette simulation permettra d’estimer précisément l’effet sur la pension en comparant le salaire annuel moyen calculé sur 25 années et celui obtenu avec 24 ou 23 années retenues.
En résumé
La modification, inscrite dans le budget de la Sécurité sociale 2026 après le conclave des retraites de l’été 2025, vise à atténuer une partie de l’écart de pension entre sexes en ajustant la méthode de calcul pour les parents. Elle reste cependant sélective (ciblée sur les assurés bénéficiant de droits liés aux enfants), non rétroactive et son impact variera fortement selon les trajectoires professionnelles. Les personnes concernées gagneront à solliciter une estimation pour mesurer l’effet concret sur leur future pension.