Un recul de l'emploi qui s'étend à l'ensemble des âges
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a précisé, vendredi 7 août, que le taux de chômage en France a atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, soit une progression de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Au sens du Bureau international du travail (BIT), cela représente 2,7 millions de personnes sans emploi et qui recherchent activement un travail, soit +62 000 par rapport au trimestre antérieur.
Des hausses généralisées selon l'Insee
La hausse du chômage ne concerne pas un seul segment de la population : toutes les tranches d'âge voient leur part de chômeurs augmenter. Voici les principaux chiffres communiqués par l'Insee :
- 15-24 ans : 21,6 % (+ 0,4 point).
- 25-49 ans : 7,5 % (+ 0,2 point), niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2021.
- 50 ans et plus : 5,5 % (+ 0,3 point).
- Par sexe : le taux des femmes augmente de 0,4 point, tandis que celui des hommes reste stable sur la période.
| Catégorie | Taux de chômage | Variation trimestrielle |
|---|---|---|
| 15-24 ans | 21,6 % | +0,4 pt |
| 25-49 ans | 7,5 % | +0,2 pt |
| 50 ans et plus | 5,5 % | +0,3 pt |
Des explications partiellement liées aux réformes récentes
Selon l'Insee, une part significative de cette hausse s'explique par l'entrée dans les statistiques de populations nouvellement suivies depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi. En six mois, les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans inscrits à France Travail représentent près de la moitié de l'augmentation du taux de chômage observée. Autrement dit, une partie du mouvement reflète un changement de périmètre et de suivi administratif, et non exclusivement un effondrement soudain du marché du travail.
Une tendance confirmée et susceptible de perdurer
L'Insee note que depuis le quatrième trimestre 2024, le taux de chômage n'a cessé d'augmenter. Dans ses prévisions publiées en juin, l'institut anticipait déjà une poursuite de cette dynamique dans les mois suivants, en partie en raison des effets attendus de la loi et des évolutions conjoncturelles. Le chiffre de 8,3 % constitue par ailleurs le niveau le plus élevé, hors Mayotte, depuis le troisième trimestre de 2020, période marquée par la crise sanitaire liée au Covid-19.
Quelles conséquences pour les politiques publiques et les entreprises ?
Sur le plan des politiques publiques, cette remontée du chômage renouvelle la pression sur les dispositifs d'accompagnement (formation, réinsertion, allocations) et sur la capacité de l'administration à transformer les inscriptions administratives en retours durables à l'emploi. Pour les entreprises, la hausse du chômage peut moduler les tensions sur le marché du travail : certaines professions verront probablement un affaiblissement des tensions salariales, tandis que d'autres, déjà en tension structurelle, conserveront des difficultés de recrutement.
Points à surveiller
- L'évolution des chiffres au troisième trimestre : confirmation ou inversion de tendance ?
- L'impact réel de la loi pour le plein emploi sur le retour effectif à l'emploi versus le simple enregistrement statistique.
- La trajectoire des taux par âge et par secteur, qui déterminera les réponses politiques ciblées.