Un recul du chômage, mais des fragilités structurelles
Au deuxième trimestre 2026, le Maroc enregistre un taux de chômage strict de 9,5%, contre 10,8% au trimestre précédent, selon la note d'information issue de la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026) diffusée par le Haut‑Commissariat au Plan (HCP). Ce retrait est une bonne nouvelle à première vue, mais l'analyse détaillée des données montre que le marché du travail marocain reste traversé par des divisions profondes.
Des écarts importants par sexe et âge
Les femmes demeurent nettement plus exposées au chômage : leur taux atteint 14,8%, contre 8,1% pour les hommes. Les jeunes sont les plus touchés, avec un taux de chômage de 27,2% chez les 15-24 ans ; les 25-34 ans suivent à 14,5%. Ces chiffres mettent en évidence une fragilité persistante de l'insertion professionnelle des jeunes et des femmes, deux catégories qui concentrent les efforts de politique publique.
Impact du niveau de diplôme
Étonnamment, le taux de chômage augmente avec le niveau de diplôme : il atteint 16,7% pour les détenteurs d'un diplôme avancé, 16% pour les diplômés intermédiaires et 11,4% pour les diplômés de base. Les non-diplômés enregistrent le taux le plus bas, à 3,8%. Ces données illustrent un problème d'adéquation entre formation et offres d'emploi : posséder un diplôme plus élevé ne garantit pas automatiquement une insertion plus rapide sur le marché du travail.
Ressources humaines et participation au marché du travail
La population active s'élève à 11 764 000 personnes, soit une hausse de 147 000 par rapport au trimestre précédent. Toutefois, la part des femmes dans la main-d'œuvre reste faible (21,5%), tandis qu'elles représentent 71,1% de la population hors main-d'œuvre. La participation globale de la population en âge de travailler atteint 42,2% au niveau national, avec 41,2% en zone urbaine et 44% en zone rurale.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage (T2 2026) | 9,5% |
| Taux chômage femmes | 14,8% |
| Taux chômage hommes | 8,1% |
| Taux chômage 15-24 ans | 27,2% |
| Population active | 11 764 000 |
Conséquences et enjeux pour les politiques publiques
- La baisse globale du chômage est positive, mais masque des fragilités : politiques d'emploi ciblées sont nécessaires pour femmes et jeunes.
- Le paradoxe des diplômés au chômage appelle à une meilleure articulation entre formation et besoins économiques.
- La faible participation féminine au marché du travail suggère des obstacles persistants (accès à l'emploi, normes sociales, offres adaptées).
Pour les salariés, demandeurs d'emploi et employeurs, ces chiffres indiquent que la dynamique de reprise du marché du travail marocain reste inégale : la constitution d'un capital humain mieux aligné sur les secteurs porteurs et des mesures d'inclusion ciblées seront déterminantes pour transformer la baisse du chômage en progrès durable et partagé.