Le taux de chômage en France s'établit à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, selon les données publiées vendredi par l'Insee, soit une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Au sens du Bureau international du travail (BIT), le nombre de chômeurs augmente de 62 000 personnes sur un trimestre, pour atteindre 2,7 millions.
Une hausse qui rattrape une partie des pertes de 2024-2025
Cette remontée porte le taux de chômage à son plus haut niveau depuis l'automne 2020, période marquée par la crise sanitaire. L'Insee précise toutefois que ce niveau reste « nettement au‑dessous » du pic observé à la mi‑2015. Les chiffres publiés intègrent désormais Mayotte, dont l'ajout modifie à la marge les indicateurs conjoncturels du marché du travail.
« À son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020 qui était affecté par la crise sanitaire, et depuis le troisième trimestre 2019 auparavant »
Une dégradation généralisée par âge et par sexe
La hausse du chômage concerne l'ensemble des catégories d'âge :
- 15-24 ans : +0,4 point, à 21,6 % ;
- 25-49 ans : +0,2 point, à 7,5 % (son plus haut depuis le T1 2021) ;
- 50 ans et plus : +0,3 point, à 5,5 % (son plus haut depuis le T1 2022).
L'Insee note en outre que le chômage des femmes progresse de 0,4 point à 8,2 %, tandis que celui des hommes reste stable à 8,5 % (les deux sexes affichant une hausse de 0,8 point sur un an).
Qui explique cette hausse ?
L'Institut identifie des facteurs structurels et conjoncturels. Depuis l'application de la loi pour le plein emploi, entrée en vigueur en janvier 2025, certains mouvements administratifs et l'inscription de publics spécifiques ont pesé :
- les bénéficiaires du RSA ;
- les jeunes de 15 à 29 ans suivis par France Travail.
Selon l'Insee, ces deux groupes représentent près de la moitié de la hausse cumulée du taux de chômage depuis la fin de 2024.
Au-delà des chômeurs : le stock de demandeurs d'emploi s'élargit
Outre les 2,7 millions de personnes au sens du BIT, l'Insee recense 1,9 million de personnes qui souhaitent un emploi mais ne sont pas classées comme chômeuses parce qu'elles ne recherchent pas activement ou ne sont pas immédiatement disponibles. Ce « halo » autour du chômage ajoute une couche de vulnérabilité au marché du travail.
| Indicateur | Niveau (T2 2026) | Variation trimestrielle |
|---|---|---|
| Taux de chômage (BIT) | 8,3 % | +0,2 pt |
| Nombre de chômeurs | 2,7 millions | +62 000 |
| Personnes souhaitant un emploi (non BIT) | 1,9 million | - |
Conséquences pour salariés, demandeurs d'emploi et employeurs
Pour les demandeurs d'emploi, la hausse touche d'abord les jeunes et certains publics fragiles : cela signifie une concurrence accrue sur les emplois d'entrée de gamme et potentiellement une montée du temps de recherche. Pour les salariés, la dégradation du marché peut peser sur la mobilité professionnelle : quitter un poste pour changer d'emploi devient plus risqué. Côté employeurs, l'augmentation du chômage peut offrir davantage de candidatures, mais aussi traduire des tensions sous-jacentes (difficultés de recrutement sur des profils qualifiés, fragilité de la demande) qui impacteront l'activité et les choix d'embauche.
La trajectoire des prochains trimestres sera observée de près : la part du chômage de longue durée, la poursuite des effets de la loi pour le plein emploi et l'évolution de l'activité économique détermineront si cette hausse est conjoncturelle ou le signe d'un basculement plus structurel du marché du travail.