Deux dirigeants de l'association fintech entendus par le procureur de Jakarta
Le vendredi 31 juillet 2026, Entjik S. Djafar, président de l'Association indonésienne de financement fintech (AFPI, mandat 2023-2026), et Kuseryansyah, ancien directeur exécutif de l'AFPI (2019-2023), se sont présentés au bureau du procureur général de Jakarta pour un examen judiciaire. Les deux responsables ont été interrogés pendant environ cinq heures puis ont quitté les lieux sans faire de commentaire aux journalistes.
L'AFPI a confirmé la présence de ses représentants en précisant que l'association « respecte le processus juridique mis en place par le ministère public et sera coopérative s’il existe des informations ou des informations nécessaires ». La structure a toutefois indiqué ne pas pouvoir divulguer le contenu de l'audition, renvoyant la charge d'information au ministère public, compétent sur le dossier.
« AFPI respecte le processus juridique mis en place par le ministère public et sera coopérative s’il existe des informations ou des informations nécessaires »
Un lien probable avec l'enquête sur Koinworks
Selon les éléments rendus publics, il est fort probable que cet examen soit lié à la progression d'une enquête menée par le parquet sur l'une des plateformes de prêts en ligne, Koinworks. Le secteur du prêt en ligne (pindah/pindar) a été, ces dernières années, l'objet de multiples critiques et de plusieurs procédures judiciaires impliquant des acteurs du marché.
Fait notable pour la gouvernance du secteur : l'Autorité indonésienne des services financiers (OJK), censée superviser ces plateformes, a déclaré n'avoir reçu aucune information officielle ni avant ni après l'audition des deux dirigeants. Jasmi, député du commissaire superviseur en charge des institutions de financement au sein de l'OJK, a confirmé l'absence de mise à jour en provenance des parties concernées.
Enjeux pour l'industrie et transparence
Cette convocation pose plusieurs questions pour les acteurs du marché des fintechs indonésiennes :
- Quelle est l'étendue des responsabilités de l'AFPI dans la gouvernance et la conformité des plateformes membres ?
- Pourquoi l'OJK, organisme superviseur, n'a-t-elle pas été informée d'une procédure impliquant des dirigeants de la principale association du secteur ?
- Quelles conséquences opérationnelles et réputationnelles pour les plateformes visées si l'enquête s'approfondit ?
Pour les startups et investisseurs, la transparence des procédures et la clarté des rôles entre acteurs privés (associations professionnelles) et autorités publiques (parquet, OJK) sont déterminantes. Une coordination insuffisante entre ces acteurs peut accroître l'incertitude réglementaire, peser sur l'accès au financement et ralentir l'adoption des services numériques financiers par le grand public.
| Acteur | Rôle | État connu |
|---|---|---|
| AFPI | Association professionnelle du financement fintech | Président et ex-directeur auditionnés |
| Parquet de Jakarta (Kejati) | Conduit l'examen judiciaire | Audition en cours |
| OJK | Autorité de supervision financière | Pas de notification reçue |
| Koinworks | Plateforme de prêts en ligne potentiellement concernée | Objet probable de l'enquête |
Les détails factuels publiés à ce stade restent limités et dépendent des communications futures du ministère public et de l'OJK. Pour les observateurs du secteur, le suivi portera autant sur les conclusions éventuelles de l'enquête que sur les réponses institutionnelles destinées à restaurer la confiance des emprunteurs et des investisseurs.