De Villepin prédit une hausse des impôts pour réduire le déficit
Lors d'une conférence de presse tenue le 15 juillet au siège de son mouvement La France humaniste, Dominique de Villepin a affirmé que le futur chef de l'État serait contraint d'augmenter les impôts pour faire face à la situation budgétaire. L'ancien Premier ministre a adressé une critique sans ambages à ceux qui jurent qu'ils n'augmenteront pas la pression fiscale : « menteurs », a-t-il dit.
Le propos intervient dans un contexte où la question du redressement des comptes publics et des promesses électorales liées à la fiscalité occupe une place centrale du débat national. De Villepin a rappelé comme objectif de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB) à l'issue du prochain quinquennat, conditionnant selon lui la nécessité d'efforts fiscaux.
« Tout le monde souhaiterait pouvoir dire : “Nous n'augmenterons pas les impôts” », a-t-il déclaré, ajoutant que "tous ceux qui seront élus les augmenteront".
Un impôt ciblé sur les hauts revenus : le retour d'un ISF sous une nouvelle forme
Pour financer ce redressement, Dominique de Villepin propose une « contribution des plus aisés » et évoque la mise en place, sous une forme renouvelée, d'un impôt sur la fortune. Il présente cette mesure comme un moyen d'obtenir des « exemples » de la part des contribuables les plus riches et d'orienter l'effort majeur sur eux.
Sur le plan politique, cette position le distingue d'autres candidats. Le texte rappelle notamment que Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance, a promis, lui, un plan d'économies sans hausse d'impôts. De Villepin, en revanche, critique aussi certaines postures de gauche qui, selon lui, se résument à « tondre les riches », expression qu'il juge « irresponsable ».
Qui est concerné et quelles conséquences ?
- Contribuables aisés : visés par la proposition d'un impôt rénové sur la fortune.
- Électeurs : confrontés à des promesses concurrentes — économies sans impôts versus hausse ciblée.
- Comptes publics : objectif chiffré à respecter, 3 % du PIB, qui sert de référence au diagnostic.
La proposition d'un nouvel instrument fiscal sur la richesse relance le débat sur l'acceptabilité politique et économique d'une telle contribution, ainsi que sur son efficacité réelle pour résorber un « trou » budgétaire que De Villepin qualifie d'« immense ».
| Élément | Position citée |
|---|---|
| Objectif déficit | < 3 % du PIB |
| Mesure proposée | Retour d'un ISF sous une nouvelle forme, contribution accrue des plus aisés |
| Opposition mentionnée | Promesse d'absence d'augmentation (Gabriel Attal) et critiques des propositions radicales de gauche |
En termes pratiques, la mise en œuvre d'un impôt sur la fortune rénové soulèverait de nombreuses questions techniques (assiette, seuils, modalités de déclaration et d'évaluation du patrimoine) et politiques (consentement social, impact sur l'investissement), points que l'ancien Premier ministre n'a pas détaillés lors de sa prise de parole.
Cette déclaration s'inscrit dans la campagne présidentielle naissante et oblige les observateurs fiscaux à surveiller l'évolution des engagements des candidats sur la question cruciale du financement des dépenses publiques.