Emploi

Confiance des ménages au Maroc : le moral recule, l'emploi et le pouvoir d'achat restent fragiles

L'enquête du Haut-Commissariat au Plan fait apparaître un renversement de tendance au deuxième trimestre 2026 : après un regain d'optimisme en début d'année, l'indice de confiance des ménages marque le pas, avec des inquiétudes marquées sur le niveau de vie, l'emploi et la capacité d'épargne.

Confiance des ménages au Maroc : le moral recule, l'emploi et le pouvoir d'achat restent fragiles
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Un recul de l'indice de confiance malgré une trajectoire annuelle positive

L'enquête permanente de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP) montre que l'Indice de Confiance des Ménages (ICM) s'établit à 60,1 points au deuxième trimestre 2026, contre 64,4 points trois mois plus tôt. Sur un an, l'ICM reste toutefois au-dessus du niveau enregistré il y a douze mois (54,6), ce qui traduit une amélioration structurelle depuis l'année précédente mais une dégradation récente du climat psychologique.

Ce que cela signifie pour les familles et le marché du travail

Le recul du moral tient principalement à la perception d'une détérioration du niveau de vie : près de huit ménages sur dix, soit 78,3%, estiment que leur situation s'est aggravée au cours des douze derniers mois. Plus alarmant, la moitié des foyers (51%) s'attend à une nouvelle dégradation dans l'année qui vient. Ces anticipations pèsent directement sur la consommation, la première source de demande intérieure.

  • Emploi : 57,2% des ménages prévoient une hausse du chômage dans les douze prochains mois, signe d'une inquiétude répandue quant à la stabilité des contrats et aux perspectives d'embauche.
  • Consommation : 65,3% jugent qu'il n'est pas opportun d'acheter des biens durables aujourd'hui, ce qui bride les achats importants (électroménager, voiture, mobilier).
  • Épargne et endettement : seuls 2,6% disent pouvoir épargner, tandis que 38,7% doivent s'endetter ou puiser dans leurs réserves pour faire face aux dépenses.

Conséquences attendues pour les entreprises et le marché

Cette configuration a des effets concrets : une consommation à la peine réduit les chiffres d'affaires des commerces et des industriels tournés vers le marché domestique, ce qui peut freiner les créations d'emplois et inciter à la prudence sur les recrutements. Les entreprises qui recrutent peuvent aussi rencontrer des candidats plus hésitants à accepter des changements de situation financière ou professionnelle. Pour les pouvoirs publics, la combinaison d'attentes pessimistes sur l'emploi et d'une faible capacité d'épargne plaide pour des mesures ciblées de soutien au pouvoir d'achat et des politiques actives d'accompagnement vers l'emploi.

Tableau synthétique des principaux indicateurs (T2 2026)

IndicateurValeur
Indice de Confiance des Ménages (ICM)60,1 (T2 2026)
ICM un trimestre plus tôt64,4
ICM un an plus tôt54,6
Ménages estimant une dégradation du niveau de vie78,3%
Ménages anticipant une détérioration51%
Ménages prévoyant une hausse du chômage57,2%
Ménages jugeant la période mauvaise pour achats durables65,3%
Ménages pouvant épargner2,6%
Ménages contraints de s'endetter/puiser dans épargne38,7%

Que faire pour réduire les risques ?

Du côté des acteurs économiques, plusieurs leviers sont envisageables : adaptater l'offre commerciale à une demande plus prudente (financements, services après-vente, formules d'achat échelonné), renforcer les dispositifs de maintien dans l'emploi et la reconversion, et cibler les aides sur les ménages les plus fragiles. Pour les salariés et demandeurs d'emploi, cela signifie rester attentif aux formations, aux aides à la mobilité ou à la reconversion, et anticiper l'impact d'une moindre demande sur les perspectives de carrière.

À court terme, la baisse de l'ICM atteste d'un climat plus incertain. À moyen terme, si les conditions structurelles de l'économie s'améliorent, l'indicateur pourrait repartir. Mais pour l'instant, la priorité reste de contenir l'érosion du pouvoir d'achat et de soutenir l'emploi afin d'éviter que le pessimisme ne se traduise en récession de la demande et en perte nette d'emplois.

Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

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