Un plan de restructuration qui touche majoritairement des salariés seniors
St‑Paul Médias, éditeur de La Liberté, de La Gruyère et de La Broye Hebdo, a annoncé la suppression effective de 15 postes au terme d’une procédure de consultation qui a réduit à 13,5 équivalents plein temps (EPT) le nombre de suppressions envisagées initialement. Le personnel exprime son profond mécontentement : selon le communiqué interne repris par la presse, la moitié des personnes licenciées ont plus de 50 ans, dont cinq journalistes et plusieurs techniciens.
« Le personnel est révolté de constater que la moitié des personnes touchées par un licenciement sont âgées de 50 ans et plus. »
Les salariés soulignent que certains collègues visés avaient une longue ancienneté au sein du groupe et que d’autres étaient à quelques mois seulement d’un départ à la retraite anticipée, situation qui alourdit significativement leur perte de revenus comparée à un départ négocié.
Une procédure de consultation jugée insuffisante
La décision, annoncée en début juillet après une première communication fin avril, a été vécue comme la confirmation d’un plan déjà ficelé par la direction malgré la mobilisation interne. Délégués et salariés dénoncent une consultation qui n’aurait été que formelle et demandent des garanties pour les discussions à venir sur le plan social.
« Nous craignons que l'attitude de la direction, qui ne peut être perçue que comme du mépris envers le personnel, perdure lors des négociations autour du plan social qui se dérouleront à la fin de l'été », a déclaré Julie Rudaz, membre de la délégation et présidente de la société des rédactions.
Conséquences pour les titres locaux et les emplois qualifiés
Au‑delà du sort individuel des licenciés, cette restructuration pose la question de la viabilité des titres régionaux et de la préservation des compétences journalistiques locales. La suppression de postes de journalistes et de techniciens menace la capacité de production et la diversité de l’offre d’information sur des territoires déjà fragilisés.
- 15 licenciements confirmés
- 50% des personnes concernées ont plus de 50 ans
- 13,5 EPT : nouvelle estimation de postes à supprimer après consultation
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Licenciements prononcés | 15 |
| Part des concernés ≥ 50 ans | 50% |
| EPT initial annoncé (30 avril) | 18 (chiffrage initial communiqué) |
| EPT retenu après consultation | 13,5 |
Mobilisation et perspectives
La réaction collective se traduit déjà par une pétition et des démarches visant à sauver les titres. En moins d’une semaine, la pétition en ligne a rassemblé près de 900 signatures. Les salariés demandent des contre‑propositions concrètes et une prise en compte particulière des situations des travailleurs les plus âgés, qui supportent un risque financier élevé en cas de licenciement proche de l’âge de la retraite.
Pour les salariés et les collectivités locales, l’enjeu est double : obtenir des dispositifs d’accompagnement et préserver une presse locale capable d’enquêter et d’informer au plus près des territoires. Pour les employeurs et actionnaires, la pression financière et la nécessité de rationaliser pèsent face à une profession déjà sous tensions économiques fortes.
Les négociations autour du plan social, prévues pour la fin de l’été, seront l’occasion de mesurer si la direction de St‑Paul Médias accepte des mesures compensatoires significatives pour les salariés affectés et des garanties pour l’avenir éditorial des titres.