Le gouvernement a décidé de porter le taux de rémunération du livret A à 1,7% à compter du 1er août, a annoncé mercredi le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure. Ce relèvement, conforme à la recommandation de la Banque de France, remplace le taux de 1,5% qui s'appliquait depuis février.
Une mesure conforme au calcul de la Banque de France
La Banque de France se base sur l'évolution de deux paramètres sur les six derniers mois pour déterminer le taux réglementé : l'inflation hors tabac et le taux Eurstr (taux de court terme des marchés). Sur la période concernée, l'inflation hors tabac a progressé de +1,52% et les Eurstr de +1,95%, conduisant au relèvement proposé. L'indice des prix à la consommation (IPC) calculé selon les normes françaises ressortait à 1,8% sur un an en juin.
Qui est concerné et quelles sont les conséquences pratiques ?
Le livret A est un produit d'épargne très largement diffusé : selon le gouvernement, plus de 53 millions de Français en détiennent un. Le relèvement du taux signifie une rémunération plus élevée pour l'ensemble des titulaires, et peut ralentir les sorties de fonds vers d'autres supports d'épargne lorsque le livret devient plus compétitif.
- Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) voit son taux aligné sur celui du livret A.
- Le Livret d'épargne populaire (LEP), destiné aux ménages modestes, reste fixé à 2,5% et bénéficiera de la stabilité de cette rémunération.
- La mesure s'applique au 1er août et reflète la mécanique de calcul officielle plutôt qu'un arbitrage politique direct.
"Sur proposition du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, j'ai décidé de porter au 1er août le taux d'intérêt sur le livret de 1,5 à 1,7%", a déclaré Roland Lescure.
Contexte et enjeux macroéconomiques
Ce réajustement intervient dans un contexte d'inflation modérée mais persistante et de tensions géopolitiques évoquées par les autorités comme facteurs pouvant influencer les prix à l'avenir. Pour la Banque de France comme pour le gouvernement, l'objectif est d'ajuster la rémunération des livrets au plus près des évolutions de prix et des conditions de marché, sans provoquer d'effets de second tour sur le crédit ou la politique monétaire.
| Produit | Taux précédent | Nouveau taux |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5% | 1,7% |
| LDDS | 1,5% | 1,7% |
| LEP | 2,5% | 2,5% (maintenu) |
Impacts pour le particulier et pour les banques
Pour un épargnant, la hausse de 0,2 point augmente modestement la rémunération, mais multipliée par le nombre de titulaires et par les montants déposés, elle représente une augmentation notable du coût du passif pour les banques. À l'inverse, cela peut renforcer l'attractivité du livret A par rapport à des placements plus risqués ou des contrats d'assurance-vie, limitant les sorties nettes observées lors de la précédente baisse.
Enfin, la décision illustre la coordination entre la banque centrale et l'exécutif sur les questions d'épargne réglementée : la Banque de France calcule et recommande, l'exécutif entérine et annonce le changement. Les prochains mois permettront de mesurer si ce geste suffit à stabiliser la collecte sur les livrets ou s'il faut d'autres ajustements selon l'évolution des prix et des marchés financiers.