Revalorisation modeste mais symbolique du placement préféré des Français
Le gouvernement a annoncé ce mercredi 15 juillet un relèvement du taux du Livret A : il passera de 1,5 % à 1,7 % à compter du 1er août. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a motivé cette décision par la trajectoire de l'inflation et par « l'incertitude liée à la guerre au Moyen-Orient », tout en se conformant à la recommandation de la Banque de France. Le Livret d'épargne populaire (LEP), destiné aux ménages modestes, voit son taux maintenu à 2,5 %.
Le relèvement intervient après une période de baisse : le taux du Livret A avait chuté jusqu'à 1,5 % en 2026, contre un pic à 3 % en 2023. Pour la Banque de France, cette nouvelle rémunération reste suffisante pour être « au‑dessus du niveau de l'inflation sur les six derniers mois ».
« On verra à nouveau dans six mois où en est l'inflation et les taux d'intérêt, on va évidemment continuer de suivre ça de très près. »
Un impact réel mais limité pour les épargnants
Le Livret A demeure le produit d'épargne le plus répandu : 83 % des Français en détiennent un, soit environ 58 millions de livrets ouverts. En mai, les encours cumulés s'élevaient à un peu plus de 444 milliards d'euros selon la Caisse des dépôts. Cette hausse vise à rendre à nouveau attractif le produit, mis à mal ces derniers mois par des arbitrages vers l'assurance‑vie et des placements plus risqués comme le PEA.
- Date d'application : 1er août 2026
- Taux Livret A : 1,7 % (contre 1,5 %)
- Taux LEP : maintenu à 2,5 %
- Encours fin mai : ~444 milliards d'euros
- Nombre de livrets : 58 millions
| Indicateur | Avant | Après |
|---|---|---|
| Taux Livret A | 1,5 % | 1,7 % |
| Taux LEP | 2,5 % (maintenu) | |
| Encours (fin mai) | ~444 Md€ | |
Contexte et conséquences
La décision suit la périodicité réglementaire de recalcul semestriel du taux du Livret A, qui prend en compte l'inflation et les taux courts. L'Insee indiquait un pic d'inflation à 2,4 % en mai sur un an, élément cité pour justifier la revalorisation. L'exécutif précise que ces taux seront applicables jusqu'à la fin janvier 2027, laissant la porte ouverte à un nouvel ajustement lors du prochain bilan.
Pour les ménages, la hausse représente un gain nominal modeste pour des encours moyens : elle peut toutefois freiner, temporairement, la migration des liquidités vers des produits plus rémunérateurs ou risqués. Du côté des banques et de la Caisse des dépôts, un taux plus élevé peut influer sur la collecte et, à plus long terme, sur la politique de crédit si la dynamique d'épargne se modifie.
En définitive, la remontée à 1,7 % marque un signal de prudence gouvernementale face aux tensions géopolitiques et à l'évolution des prix : un ajustement technique avec des effets concrets mais limités pour la plupart des titulaires.