Un socle d'épargne toujours dominant malgré la normalisation des taux
La Banque de France confirme dans son rapport 2025 que l'épargne réglementée demeure un pilier du patrimoine des Français : les encours atteignent près de 950 milliards d'euros à la fin de 2025, un niveau historiquement élevé qui continue d'alimenter le financement des projets d'intérêt général.
Ce résultat s'explique par la place centrale occupée par des produits comme le Livret A, le LDDS et le LEP, jugés sûrs et liquides. Le Livret A représente à lui seul 440 milliards d'euros d'encours ; il reste détenu par une vaste majorité de ménages, détenu par 83% des Français fin 2025 selon le rapport.
Un ralentissement des flux mais pas un retrait massif
Après une période de collecte soutenue entre 2022 et 2024, les flux vers ces comptes se sont tassés en 2025, au profit notamment de l'assurance-vie. Ce ralentissement n'entame toutefois pas le stock accumulé : la base d'épargne est restée élevée, reflétant une préférence continue pour la sécurité et la disponibilité des fonds.
- Encours totaux : près de 950 milliards d'euros fin 2025.
- Livret A : 440 milliards d'euros ; détenu par 83% des Français.
- LEP : progression rapide, plus de 12 millions de détenteurs contre 7 millions en 2020.
Des taux en recul, mais une attractivité préservée
Le rapport souligne que l'attrait pour ces placements a perduré malgré une série de baisses de rémunération liées à la normalisation des taux courts et à la baisse de l'inflation. Le Livret A a vu son taux diminuer à plusieurs reprises : 3,0% puis 2,4% au 1er février 2025, 1,7% au 1er août 2025, et 1,5% en février 2026. Le LEP, destiné à protéger le pouvoir d'achat des ménages modestes, est resté plus rémunérateur mais a aussi été ajusté, passant de 4,0% à 2,5% sur la même période.
| Produit | Taux (début 2025) | Taux (août 2025) | Taux (février 2026) |
|---|---|---|---|
| Livret A | 3,0% | 1,7% | 1,5% |
| LEP | 4,0% | — | 2,5% |
Impacts concrets pour les ménages et pour le financement public
Pour les ménages, ces produits conservent un rôle d'épargne de précaution et de protection du pouvoir d'achat, en particulier pour les ménages modestes grâce au LEP. Pour l'État et les collectivités, l'importance des encours signifie une source stable de financement, notamment via les mécanismes d'affectation partielle des ressources du Livret A au logement social et aux prêts à long terme.
La progression spectaculaire du LEP — plus de 12 millions de détenteurs fin 2025 contre 7 millions en 2020 — illustre aussi un glissement socio-économique : une part plus large de la population recourt à des instruments réglementés pour se prémunir contre l'inflation et l'incertitude économique.
Perspectives et enjeux
À court terme, l'enjeu pour les autorités et les acteurs financiers sera d'équilibrer la rémunération de ces produits avec la nécessité de rester attractifs, tout en gérant les flux entre livrets, assurance-vie et autres formes d'épargne. Le maintien d'encours élevés pose aussi la question de l'efficacité des canaux de financement de l'économie et de l'orientation des ressources vers l'investissement productif.
En somme, l'épargne réglementée reste un composant structurant du système financier français : elle protège une large part des ménages et irrigue des politiques publiques, même si sa dynamique de collecte a connu un ralentissement en 2025.