Le point clé : plus d'annonces mais des tensions persistantes
Le dernier baromètre de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) fait apparaître une logique contrastée : 456 propriétés résidentielles sont désormais en vente, soit une progression de 18 % des inscriptions en vigueur. Cette hausse marque une reprise timide de l’offre amorcée cet hiver, mais elle reste insuffisante pour combler un déficit structurel : l’APCIQ rappelle que l’offre reste environ 53 % inférieure à la moyenne des dix dernières années.
Concrètement, cette configuration signifie que, même si davantage de biens arrivent sur le marché, le rapport de forces continue d’avantager les vendeurs. Les spécialistes de l’APCIQ qualifient les conditions de marché de « très tendues », et notent que la pression haussière sur les prix persiste.
«Avec 456 propriétés résidentielles à vendre, l’offre a considérablement augmenté, de 18 % (…) l’offre de propriétés demeure de 53 % inférieure à sa moyenne des 10 dernières années»
Des prix qui montent, des durées de vente courtes
Les chiffres traduisent cette tension : le prix médian des unifamiliales a augmenté de 8 %, tandis que celui des plex a connu une hausse de 9 %. Les délais de vente restent très resserrés : les unifamiliales se vendent en moyenne en 33 jours (soit +2 jours), et les plex en 28 jours (soit -28 jours). Pour un ménage qui compare des projets, ces écarts se traduisent par des fenêtres d’achat très courtes et une nécessité accrue de préparation financière.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Offre en vigueur | 456 propriétés (+18 %) |
| Écart par rapport à la moyenne 10 ans | -53 % |
| Prix médian unifamiliales | +8 % |
| Prix médian des plex | +9 % |
| Délai moyen de vente (unifamiliales) | 33 jours |
| Délai moyen de vente (plex) | 28 jours |
Une normalisation relative, mais des freins subsistent
À l’échelle provinciale, l’APCIQ observe des signes de normalisation après deux années d’activité exceptionnelle, amplifiée par la baisse des taux d’intérêt. À mi-2026, les ventes sont légèrement inférieures à celles du premier semestre 2025, alors que les inscriptions progressent rapidement. Cette combinaison tend à modérer l’accélération des prix, sans renverser la dynamique qui favorise encore les vendeurs.
Cependant, l’organisation souligne l’existence de freins à l’achat : l’environnement économique mondial et les incertitudes domestiques, ainsi que l’inflation générale, pèsent sur la décision des ménages. Ces éléments expliquent en partie pourquoi la hausse de l’offre n’a pas entraîné une détente rapide des prix.
Conséquences pratiques pour acheteurs et vendeurs
- Pour un acquéreur : il faut prévoir des marges de manœuvre dans le financement (conditions, délais, capacité d’apport) et se préparer à des processus d’achat rapides ; l’augmentation de l’offre peut cependant offrir davantage d’options selon le secteur.
- Pour un vendeur : le marché reste favorable, malgré une concurrence légèrement accrue ; bien positionner le prix et le calendrier de mise en vente reste payant.
- Pour les acteurs du crédit et les promoteurs : l’évolution des taux et la santé macroéconomique resteront déterminantes pour la tenue de la demande dans les prochains mois.
Au final, le Québec se trouve dans une phase de transition : plus d’annonces donnent un peu d’air aux acheteurs, mais l’écart historique d’offre et la rapidité des transactions maintiennent la pression sur les prix. Le prochain semestre fera office de test pour savoir si la trajectoire mène vers une véritable détente ou vers une stabilisation soutenue des coûts immobiliers.