Les ménages anticipent une dégradation du marché du travail
La dernière note d'information du Haut‑Commissariat au Plan (HCP) livre un signal clair : 57,2 % des ménages marocains s'attendent à une hausse du chômage au cours des douze prochains mois. Ce pessimisme se traduit par un solde d'opinion négatif de -38,8 points, qui marque une détérioration par rapport au trimestre précédent (-34,7 points), tout en restant meilleur que celui constaté un an plus tôt (-57,5 points).
Autrement dit, une majorité de foyers anticipe une dégradation du marché du travail, même si la panique apparente s'est quelque peu atténuée sur un an. Derrière ces chiffres, l'enjeu pour les salariés comme pour les demandeurs d'emploi est double : une moindre confiance peut freiner la mobilité professionnelle et peser sur la consommation — deux facteurs qui influent directement sur la création d'emplois.
Consommation et achats durables : la demande reste atone
Sur le plan de la consommation, 65,3 % des ménages estiment que le contexte n'est pas favorable à l'achat de biens durables, tandis que seulement 14,7 % considèrent le contraire. Le solde associé demeure négatif à -50,6 points, avec une amélioration marginale par rapport au trimestre précédent (-51,0 points) et surtout par rapport à la même période de 2025 (-62,8 points).
- Confiance affaiblie : impact sur la demande et les secteurs sensibles (automobile, électroménager, immobilier).
- Risque de spirale : baisse de consommation → pression sur l'emploi → nouvelles anticipations négatives.
Des finances ménagères sous pression
La note du HCP met aussi en lumière une situation financière serrée : 58,7 % des foyers déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, mais 38,7 % ont dû puiser dans leur épargne ou s'endetter. Seuls 2,6 % affirment avoir pu épargner sur la période. Le solde d'opinion sur la situation financière actuelle est de -36,1 points, quasi stable par rapport au trimestre précédent (-35,0 points).
Sur l'évolution au cours des douze derniers mois, 43,8 % estiment que leur situation s'est détériorée, contre 4,9 % qui la jugent améliorée, conduisant à un solde de -38,9 points. Pour les douze prochains mois, 17,8 % espèrent une amélioration, 64,5 % tablent sur une stabilité et 17,7 % redoutent une détérioration.
Ce que cela implique pour l'emploi
Concrètement, ces attentes pessimistes peuvent influer sur les décisions des entreprises et des ménages : réduction d'investissements, report d'achats majeurs, et prudence à l'embauche. Pour les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, la combinaison d'une confiance faible et de finances contraintes plaide pour des mesures ciblées visant à soutenir la demande et préserver les emplois.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Ménages anticipant une hausse du chômage | 57,2 % |
| Ménages jugeant l'achat de biens durables défavorable | 65,3 % |
| Ménages ayant puisé dans l'épargne ou emprunté | 38,7 % |
À court terme, la priorité pour limiter l'impact sur l'emploi est de renforcer les signaux positifs vers les entreprises — incitations à l'investissement, soutien ciblé aux secteurs fragilisés — tout en protégeant le pouvoir d'achat des ménages. Les chiffres du HCP confirment que la confiance reste le moteur essentiel pour que l'économie retrouve un cercle vertueux créateur d'emplois.