Qui peut partir avant l'âge légal et avec quels trimestres ?
La voie dite de la carrière longue autorise certains assurés à liquider leur pension avant l'âge légal — aujourd'hui fixé à 62 ans et 9 mois pour les générations nées en 1963 jusqu'au début de 1965 — à condition de réunir un nombre précis de trimestres cotisés. Pour l'accès à ce départ anticipé, tous les trimestres inscrits sur le relevé de carrière ne se valent pas : seuls comptent en priorité ceux qui ont été réellement financés par un salaire (ou un revenu d'activité). Quelques catégories assimilées sont admises, mais la règle générale reste la primauté des trimestres cotisés.
Depuis le 1er septembre 2026 : l'enfant pèse plus qu'un rachat
La nouveauté qui change concrètement la donne est simple et opérationnelle : pour l'appréciation des droits à départ anticipé, sont désormais pris en compte au titre des trimestres assimilés jusqu'à deux trimestres liés aux enfants, quel que soit le nombre d'enfants. En revanche, les années d'études rachetées n'ouvrent pas droit à l'antériorité pour partir plus tôt lorsque le rachat a été demandé après le 13 octobre 2008. Concrètement, cela signifie que pour une personne souhaitant partir avant l'âge légal, avoir élevé des enfants peut apporter un avantage décisif que ne compenseront pas forcément des rachats d'études.
Ce qui compte pour le départ anticipé
- Trimestres de travail cotisés (salaire, revenu indépendant) : oui.
- Arrêts indemnisés (maladie, maternité, accident du travail) : assimilés, oui.
- Chômage indemnisé : pris en compte dans certaines limites.
- Service militaire : reconnu comme trimestre cotisé.
- Trimestres liés aux enfants : désormais 2 trimestres comptent pour le départ anticipé (depuis le 1er septembre 2026).
Ce qui ne permet pas d'avancer la date
- Années d'études rachetées : exclues pour toute demande de rachat déposée depuis le 13 octobre 2008.
- Années incomplètes rachetées et stages rachetés : n'avancent pas la date de départ, au mieux ils limitent la décote.
- Trimestres "en plus" liés aux enfants au-delà de deux : utiles pour le montant de la pension mais pas pour l'accès anticipé.
Conséquences pratiques et inégalités
La mécanique aboutit à des inégalités marquées : aujourd'hui, environ un homme sur quatre bénéficie d'un départ anticipé pour carrière longue, contre une femme sur dix. L'explication tient à la combinaison des parcours professionnels (durée et nature des cotisations) et des règles spécifiques aux trimestres assimilés. Pour un actif qui a travaillé tôt mais aussi pour un parent, il devient essentiel de bien distinguer trimestres validés (qui comptent pour le calcul de la pension) et trimestres cotisés (qui ouvrent la possibilité de partir avant).
| Situation | Compte pour départ anticipé ? |
|---|---|
| Trimestres cotisés par salaire | Oui |
| Deux trimestres liés aux enfants | Oui (depuis 01/09/2026) |
| Années d'études rachetées (demande après 13/10/2008) | Non |
Pour les personnes concernées, la règle veut dire qu'il faut désormais prioriser l'analyse attentive du relevé de carrière avant toute démarche de rachat. Le calcul combiné des trimestres cotisés, des périodes assimilées et des exclusions réglementaires peut influer de façon décisive sur la date effective de départ et le montant de la pension. Les assurés qui envisagent un départ anticipé gagneront à solliciter un point personnalisé auprès de leur caisse pour vérifier leur situation précise et chiffrer l'impact d'un rachat éventuel.