Un engagement clair contre le report de l'âge légal
Lors de son meeting d'ouverture de campagne à Orléans, Marine Le Pen a repris à son compte un thème central du débat public : l'âge de départ à la retraite. Le Rassemblement national entend abroger la réforme qui fixe l'âge de départ à 64 ans et maintenir un âge légal de départ situé entre 60 et 62 ans, modulé en fonction de l'âge d'entrée sur le marché du travail.
Faire travailler les jeunes plus tôt : une pierre angulaire de la proposition
La candidate lie son refus d'un report de l'âge de départ à la nécessité d'ouvrir aux jeunes des parcours professionnels plus précoces. Elle souligne que l'âge moyen du premier emploi stable est aujourd'hui de 27 ans et propose d'agir sur plusieurs leviers pour rapprocher cet âge d'une entrée professionnelle effective.
« Je ne propose pas de repousser indéfiniment l’âge de départ à 65, 67 voire 70 ans, mais de faire entrer plus tôt les jeunes sur le marché du travail quand l’âge moyen du premier emploi stable est aujourd’hui à 27 ans »
Mesures annoncées pour favoriser l'emploi des jeunes
Parmi les pistes avancées figurent des mesures fiscales et des aides à la mobilité :
- Exonération d'impôt sur le revenu pour les actifs de moins de 30 ans ;
- La création d'un fonds souverain destiné à soutenir les entreprises et l'emploi ;
- Un soutien accru à la recherche et à l'innovation ;
- Le financement du permis de conduire pour faciliter l'accès à l'emploi, notamment en zones rurales ;
- Mesures pour faciliter l'accès aux transports (trains) pour les 18-25 ans.
Conséquences pour les retraites et le financement
Abroger la réforme qui a porté l'âge légal à 64 ans signifierait une remise en cause d'une décision récente sur la durée d'activité nécessaire pour équilibrer les comptes des régimes. Rétablir un départ entre 60 et 62 ans, tout en réduisant l'âge d'entrée effectif sur le marché du travail, vise à compenser l'effet financier global, mais pose des questions techniques : calcul des carrières longues, durée de cotisation, taux de remplacement et impact sur les comptes sociaux. Aucun chiffrage précis n'a été fourni par le RN lors du meeting.
Un timing politique marqué
La présentation publique de ces mesures tient aussi d'un choix stratégique en vue de l'élection présidentielle de 2027 : promettre le maintien d'un âge de départ bas peut répondre aux préoccupations des retraités, tandis que les mesures pro-jeunes cherchent à capter un électorat plus large. Le parti annonce qu'il exposera « de manière extrêmement précise » sa réforme lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 17 novembre.
| Élément | Position/Référence citée |
|---|---|
| Âge légal actuel (réforme à abroger) | 64 ans |
| Âge légal souhaité par le RN | 60–62 ans (selon âge d'entrée au travail) |
| Âge moyen du premier emploi stable | 27 ans |
Sur le plan technique et financier, le rendez-vous du 17 novembre devrait apporter des précisions indispensables pour évaluer la cohérence entre les objectifs affichés et la soutenabilité du système de retraite. D'ici là, les déclarations de campagne alimenteront le débat public sur la manière de concilier protection des retraités et insertion professionnelle des jeunes.