EDF a acté le passage à la phase concrète du projet de STEP sur l'aménagement hydroélectrique de Sampolo, situé sur la commune de Lugo-di-Nazza-Ghisoni en Corse. L’opération consiste à doter une installation existante d’une fonction de pompage, ce qui permet de stocker temporairement de l’électricité lorsqu’il y a un excédent de production renouvelable puis de la restituer en période de demande élevée.
Une transformation plutôt qu’un nouvel ouvrage
Plutôt que de créer un nouvel aménagement, EDF réutilisera des composantes déjà en place — barrages, retenues, alternateurs et transformateurs — pour limiter l’empreinte au sol et réduire les travaux lourds. L’entreprise présente cette option comme une première : la conversion d’un site hydroélectrique opérationnel en STEP pour tirer parti des capacités existantes.
Capacités et effets attendus
Sur le plan technique, l’installation pourra fournir jusqu’à 45 MW pendant environ deux heures aux heures de pointe estivales. Selon EDF, cette mise à niveau devrait augmenter la production annuelle de l’aménagement d’environ 20 GWh, améliorer l’intégration du solaire photovoltaïque insulaire et réduire le recours aux moyens thermiques pour assurer la sécurité d’alimentation.
- Soutien aux renouvelables : stockage d’électricité quand le photovoltaïque est dominant.
- Fiabilité du réseau : renforcement de la continuité d’alimentation pour la Corse.
- Impact environnemental : limitation de l’artificialisation des sols en s’appuyant sur des infrastructures existantes.
Coûts, calendrier et retombées locales
Le chantier est chiffré à environ 30 millions d’euros. EDF prévoit de signer les premiers contrats fournisseurs au cours de l’été avant d’engager les travaux, qui devraient également générer des retombées économiques pour le territoire, notamment en sous-traitance et en emplois locaux pendant la phase de construction.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Puissance mobilisable | 45 MW |
| Durée d’utilisation en pic | ~2 heures |
| Gain de production annuel | ~20 GWh |
| Investissement estimé | ~30 M€ |
Enjeux nationaux
Au-delà de la Corse, ce projet illustre une tendance émergente : l’utilisation du parc hydroélectrique existant pour développer des capacités de stockage sans multiplier les nouveaux aménagements. À l’échelle nationale, la capacité à stocker quelques dizaines de mégawatts pendant quelques heures ne règle pas la variabilité des renouvelables à grande échelle, mais elle offre des services précieux sur des systèmes électriques insulaires ou localisés où les marges de sécurité sont réduites.
Pour le consommateur français, ces transformations doivent, à terme, contribuer à réduire les besoins en production fossile de pointe et à stabiliser les coûts liés aux pics de consommation. L’efficacité réelle dépendra du dimensionnement des installations, de leur intégration opérationnelle et des arbitrages économiques — notamment tarifs de rachat, rémunérations des services de flexibilité et calendrier des travaux.
En transformant Sampolo en STEP, EDF mise donc sur une solution intermédiaire : mobiliser des infrastructures déjà présentes pour apporter de la flexibilité au réseau insulaire, limiter l’artificialisation et participer modestement mais concrètement à la décarbonation et à la résilience face aux aléas climatiques.